‹ Essai sur les kystes chyleux du mésentèreChapitre 15 sur 26 · SIT LT · texte numérisé non relu

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Cas de Wieschelbaüm. — Tumeur trouvée chez un homme de 80 ans, mort de scorbut et de pneumonie, plus grosse que le plat de la main, épaisse de 3 à 4 cent.,; ressemblant à un lipome et ne se distinguant pas très nettement au tissu graisseux environnant. À la coupe, un liquide bien blanc, laiteux, s'échappa comme des pores d'un éponge. La tumeur se composait de tissu graisseux, mais ce dernier était creusé de nom: breuses cavités de différentes grandeurs et de formes différentes. À la partie centrale, les cavités étaient très nombreuses et voisines les unes des autres ; à la périphérie, le tissu graisseux dominait et les cavilés étaient très rares. Ces cavités formaient la plus grande partie de la tumeur et s’anastomosaient fréquemment entre elles. Elles variaient depuis un volume microscopique jusqu'à celui d’une noisette et au-delà. Les cavités visibles à Fœil nu ont la forme de fentes et présentent des échancrures multiples. Les cavités microscopiques ont aussi la forme de fentes étroites. Les cavités ont une paroi propre : très délicate dans les petites, quelques grandes possèdent une paroi allant jusqu’à l’épaisseur de 1 millimètre. Cette paroi est blanchâtre ou jaune brun, et a un aspect réliculé à sa partie interne. Le tissu conjonctif dont est formé la paroi s'élève de là en fines franges ou trabécules ; cette paroi est formée de faisceaux parallèles droits ou légèrement recourbés, enfermant entre eux des cellules du tissu conjonctif. Dans les cavités à parois épaisses, on trouve au milieu des éléments conjonctifs quelques fibres musculaires lisses, 11 n'y à pas d’endothélium ; dans les petites cavités, endothélium sous la forme de petites cellules étroites fusiformes.

Le tissu adipeux est accompagné de tissu conjonclif, qui prédomine même en certains points. Ce tissu conjonctif esl riche en pigments jaune ou brun, qui apparaît tantôt en grains fins, tantôt grossiers, et qui se dispose en groupes arrondis ou fusiformes. Ce pigment accompagne le tissu con-

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jonctif jusque dans ses plus fins prolongements. Ça et là, dans le tissu conjonctif, quelques artères à parois épaisses ; d’autres paraissent comme comprimées, même oblitérées, et leur lumière est comblée de tissu conjonctif de nouvelle formation. Le pigment est en relation nette avec l’oblitération de quelques vaisseaux ; cette oblitéralion tient à la distension des tissus, au moment de la formation des cavités.

À la périphérie, je remarquai dans le tissu graisseux, des petites places du volume d'un pois, jaunâtres, qui à l'œil nu semblaient constituées de tissu conjonctif solide. Au microscope, je pus voir que ces points se composaient en grande partie d’un amas de cellules rondes, plongées dans une substance fondamentale réticulée, le tout revêtu d’une capsule de tissu conjonctif à faisceaux parallèles. À la surface interne de cette capsule, on voit une couche de cellules fusiformes. De la surface externe partent des prolongements qui vont dans le tissu conjoncelif voisin (constitution analogue à celle des follicules lymphatiques). Plusieurs de ces groupes peuvent se fondre en un seul. | a

Dans les points où les cellules rondes ne sont pas serrées, on ne voit point de cavités, mais dans les points où le tissu de cellules rondes a pris un grand développement, nous voyons ce tissu parsemé de trous et de cavités, limités par un contour dentelé. Les fentes les plus étroites ont à peine le diamètre d’un globule blanc, les plus grandes ont à peine le diamètre de deux ou trois de ces globules. Par côtés, elles présentent des prolongements en pointe qui peuvent s’anastomoser: avec des prolongements voisins, ou se terminer sans délimitation nette dans les espaces intercellulaires.

On voit encore en ces points de la paroi des grosses cellules angulaires ou étoilées avec noyaux arrondis, ou bien des cavités qui tantôt sont encore isolées, tantôt.sont en communication avec les grandes cavités. Ces cavités étroites ou larges

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laissent voir une paroi propre, elles sont bien séparées du issu ambiant par un contour noir, et des noyaux fusiformes qui ont l'apparence d'un endothélium. Dans les grandes cavités, le contour de la paroi n’est plus simple, mais se compose de deux ou plusieurs cercles de faisceaux fins conjonctifs ; la structure de leur paroi se rapproche donc déjà de la paroi des cavités que j'ai déjà décrites dans les autres portions de la tumeur.

Cas de Letulle (Bull. soc. anal., 1899). — Enfant de 7 ans, tumeur lisse, arrondie, très tendue. À peine évacuée, la paroi du kyste, fendue dans loute sa hauteur, se plisse et se rétracte, les bords de l’incision se recroquevillent à la façon d'une membrane richement musculaire. La face interne de la poche se montre alors rosâtre, sillonnée de plicatures en relief d'un blanc mat, unies et brillantes, entrecroisées en tous sens, limitant dans leurs intervalles irréguliers des dépressions peu profondes, cupuliformes, au niveau desquelles la minceur des couches constituant la paroi est fort marquée.

L'imprégnation immédiate de ces parois par une solution de nitrate d'argent à 1 p. 100, avant tout lavage, permet de fixer une couche uniforme et régulièrement continue de cellules endothéliales polygonales avec des bords dentelés. Audessous de l’endothélium, se dessinent des faisceaux musculaires lisses entrecroisés dans tous les sens.

Sur une coupe verticale, et allant de dedans en dehors, on remarque :

1° La couche endothélale ;

2° Une couche de fibres musculaires lisses, surtout évidente

u fond des dépressions, remarquable par un grand nombre de capillaires de 13 à 15 y de diamètre gorgés de globules rouges, arrivant au contact de l'endothélium ;

3° Une couche cellulo-vasculaire et adipeuse (artérioles, vei-

ET Poe nules, et lymphatiques béants remplis de sérosité, soit isolés, soit annexées à de petits follicules de tissu réticulé) ;

4° La couche qui délimitait la tumeur une fois énucléée du mésentère ; elle est composée de bandes fort minces de lissu fibreux entremêlées de fibres musculaires et de vaisseaux sanguins.

Il est à remarquer l'irrégularité de la direction des fibres contractiles qui rappelle le désordre topographique des parois des gros vaisseaux lymphatiques, el en particulier du canal thoracique. La présence d’un endothélium continu à la surface interne est caractéristique.

Cas de Massot. — Voir observation.

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