‹ Essai sur les kystes chyleux du mésentèreChapitre 24 sur 26 · CHAPITRE X TRAITEMENT · texte numérisé non relu

CHAPITRE X TRAITEMENT

Il ne pourra donc être que chirurgical.

1° Ponclion évacuatrice. — Nous avons fait son procès. Sur 26 kystes tr” ités par Ja ponction, on a obtenu 8 guérisons, mais on à eu 1 mort et 17 récidives.

2° Décorlicalion ou exlrpalion totale. — Elle consiste, après que l’on est tombé sur le mésentère, à en inciser le feuillet antérieur jusqu'à quelquescentimètres du bordüef'intestin, qui est très vasculaire : on commence par détacher ia tumeur de la face antérieure du mésentère en rompant par petits coups les adhérences qui sont cependant moins nombreuses qu’en arrière. Avant de passer à la face postérieure, on vide le kyste. On bouche l'ouverture faite par le trocart avec une pince à kyste, qui peut servir de tracteur. Sur la face postérieure, les difficultés sont plus grandes (plexus solaire, vaisseaux mésentériques). On pince les vaisseaux qui saignent et on les lie au catgut. On suture au catgut l’incision du mésentère, on suture le péritoine après toilette, ‘et on referme le ventre.

Cette opération est l'intervention radicale quand elle est possible, et ses succès ne se comptent plus. Entre les mains es Tillaux, des Tuffier, elle donne des résultats merveilleux. mais n'oublions pas que Kuster, voulant procéder malgré de fortes adhérences à la décortiquation totale, blessa l'intestin

RAT pee sains y prendre garde, et le lendemain, la malade mourut de péritonite septique.

De nombreux accidents peuvent encore compliquer celle intervention : 1° les tractions faites sur la tumeur réagissent sur le plexus solaire et peuvent amener la syncope ; 2° l’opéralion étant longue et difficile, les malades meurent fréquemment de shock quelques heures après : 3° on a vu une simple section du mésentère amener le sphacèle de l'intestin ; 4° possibilité d’une hémorragie secondaire et mortelle au niveau du

pédicule mal lié.

3° Marsupialisalion, ou traitement par la suppuration. — C'est la méthode de Péan. Nous l'avons décrite dans notre observalion avec quelques détails, ainsi que dans l'observalion de O’Conor. On lui a justement reproché de donner lieu à des suppurations interminables, et d’immcbiiser le malade pendant un temps assez long, car le comblement de la vaste cavilé formée se fait par bourgeonnement, et prend un temps considérable. Cependant, elle a été employée avec succès. Bianchi donne en 1891, sur 22 6pérés, 19 guérisons, 2 morts et une récidive ; en moyenne, ses résultats sont supérieurs à ceux de l’extirpation totale, et bien des fois ce n'est qu'à elle que l’on pourra avoir recours. Si l’on ne doit pas s'exagérer outre mesure la crainte de quelques sections vasculaires, il n'en est pas moins vrai qu'une vascularisation trop abondante, un kyste trop volumineux, des adhérences multiples imposeront la marsupialisatien.

Les kystes chyleux donnent naissance à une complication dont les observations de Rasch et de Gusserow sont un bel exemple : la chylorragie. Elle se produit dès les premiers jours après l'opération. Îl s'écoule un liquide laiteux assez abondant amenant une dénutrition rapide chez les opérés. La malade de Rasch avait diminué de 39 livres en un mois. Cet écoulemeni cède peu à peu et spontanément. Il dura 20 jours chez la

Nr

malade de Gusserow, et un mois chez celle de Rasch. Chez fa première, on voyait sourdre du fond de la poche, par des orifices lymphatiques, le chyle qui se coagulait presque aussitôt. De là, précepte : éviler de mettre en contact avec la poche kystique des pansements toxiques dont l'absorption par les chyhières pourrait causer des accidents. Terrillon conseille de tamponner avec la gaze au salol.

On peut voir, comme dans le cas de Lôhlein, des adhérences entire la tumeur et la paroi amener des symplômes d'étranglement ; il faut comme ce chirurgien ouvrir de nouveau le venire ei détruire les brides.

Dans deux cas, par la plaie abdominale, l'intestin fit hernie ; Mendès de Léon fit une nouvelle laparotomie et réduisit. Lorsque cela se pourra, il vaudra mieux réduire par une compression bien faile. |

Fochier a eu un début d’éventration au niveau de la cicatrice, c'est là une complication de toutes les laparotomies. Une ceinture bien faite amena la guérison.

M. Massot à vu son opérée mourir d'un volvulus. Ce fail nous a poussé à quelques réflexions. Rubeska a été plus heureux ; chez son opérée, il mentionne quelques jours après l'opération, des symptômes d'obstruction intestinale, dont le siège était au-dessous du duodénum, probablement au niveau du siège primitif du kyste, car on trouvait en cet endroit un corps mobile de la grosseur d’une pomme. Cette obstruction intestinale a été probablement levée par les manœuvres exercées les jours précédents pour examiner la nature et le siège de l’'empâtement. Elle était due sans doute à l’adhérence de l'intestin à la plaie du mésentère, ou à la torsion du viscère sur son axe. Nous avons pu voir dans plusieurs observations, la présence d'un kyste déterminer des phénomènes de ce genre, et nous nous demandons, si dans le cas de M. Massot, le kyste n'aurait pas occasionné une tendance au volvulus, dont le traumatisme opératoire aurait amené la réalisation.

ape

Page 1