SERRES
» mal et bien différencié et que ce processus est proba-
» blement déclanché par une irritation inflammatoire. »
D'après tous les travaux publiés jusqu'à ce jour, et par les observations fournies par les différents auteurs qui ont étudié la question, nous pouvons remarquer que les conclusions sont aussi nombreuses que variées.
Pour certains, et entre autres Rogman (35) et Rig. Posseck (8), ces kystes seraient dûs à la pédiculisation, puis à l'isolement des cryptes ou sinuosités de la conjonctive, et Rogman va jusqu’à admettre la formation de glandes néoformées dans les processus irritatifs de la conjonctive ; c'est une hypothèse tout à fait personnelle et qui ne saurait être retenue, car la description histologique qu'il donne lui-même en publiant son observation, ne permet pas de conclure à la présence d’une glande même méoformée, on peut tout au plus admettre, d’après sa description d’avoir à faire à un kyste épithélial de nature conjonctivale, et avec lui nous pourrions dire que c’est par étranglement d’une crypte formée par œdème de la conjonctive, œdème provoqué par une affection conjonctivale, mais alors il s’agit d’un kyste par inclusion d’un lambeau conjonctival comme le signale du reste Edward Datman (28) dans son observation, en disant la fréquence relative des formations Kystique par brossage de la conjonctive boursouflée par le trachome, le brossage blesse la conjonctive sensible et provoque là formation d'inclusion.
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D'après le cas rapporté par Uhthoff (25), et suivant ses conclusions, c'est par greffe de l’épithélium conjonctival dans le derme que se produirait le kyste, et pour cela il est obligé d'admettre le traumatisme.
C'est encore par traumatisme léger et même par érosion de la conjonctive, érosion légère il est vrai, que Carra et Valois (40) tranche la question.
Tandis que Ginsberg (36) reproche aux auteurs italiens de voir dans ces formations kystiques, des kystes par rétention formés au dépens des glandes de Krausse, à quoi il objecte que le plus souvent ces kystes se développent à. des endroits dépourvus de glandes, lui explique la formation de ces kystes, d'après le même processus que les glandes tuberculeuses décrites dans la conjonctivite granuleuse, c’est-à-dire que la conjonctive, irritée par la maladie, proliférerait et pousserait des prolongements dans la profondeur, qui irait former des kystes.
C'est aussi l’opinion de Balaban (42) qui en publie une observation, et le travail récent de Duverger et Redslob (7) laisse voir la même conclusion, car tout en niant lirritation préalable, il dit dans son observation que six mois avant l'œil était rouge et sensible et que le malade éprouvait une impression de gêne avec sensation de corps étrangers, et bien qu'un examen minutieux de la conjonctive ait été fait à la loupe, sans révéler la présence de corps étrangers, il signale à l'examen microscopique de la pièce au niveau de la surface conjonctivale « deux »-petites encoches qui se creusent dans les couches épi- » théliales de la surface sans atteindre la couche basale et » l'une de ces encoches est de forme circulaire et renfer-
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» ine un Corps noir filamenteux. » Ils n’expliquent pas la présence de ces encoches et de son contenu et concluent au bourgeonnement épithélial de la conjonetive suivant un processus embryonnaire déclanché par une irritation inflammatoire. N'y aurait-il pas lieu de penser plutôt à une érosion légère de la conjonctive confirmée par la présence de ces encoches et par la douleur concomittante et de voir dans cette prolifération épithéliale un travail de défense de la muqueuse, avec prolifération des tissus comme le montrent les coupes parues dans son article qui laissent voir un très fort épaississement de la surface externe de la conjonctivé à prolongements épithéliaux vers l'intérieur.
De plus, nous avons signalé dans l'exposé anatomique des glandules de l'œil que À. Druault (10) signalait, en fournissant des coupes histologiques à l’appui, des glandes de Manz chez l'embryon humain et qu'il situe près du limbe.
Or, Duverger et Redslob, dans leur observation, pu-. blient des clichés qui sont des exagérations du cliché histologiquement normal fourni par Druault et les tumeurs kystiques occupent la place des glandes de Manz de l’embryon. Comme le liquide kystique en trop petite quantité n’a pas permis d'en faire une analyse chimique, n’y aurait-il pas lieu de supposer, vu l’analogie des clichés et leur situation identique, à une exagération des glandes de Manz embryonnaires ayant persistées chez l'adulte, comme le fait n’est pas rare, et provoquée par une irritation conjonctivale signalée par les rapporteurs euxmêmes. Resterait alors l'opinion de Villard qui, en 1909,
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dans son observation conclu à un enclavement embryonnaire d’une ou plusieurs cellules épithéliales à développement tardif.
C'est, à notre avis, la solution la plus séduisante, comme nous allons le voir par l’examen de notre malade.
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