DE GUILLAUME DE HCMBOLDT
engourdi sous des humiliations telles qu’il paraissait à peine possible de prolonger la vie de l’État. C’est dans de pareilles conjonctures que Humboldt fut appelé au pouvoir, et on lui reprocherait le soin qu’il prit de l’avancement intellectuel du peuple, l’activité toujours croissante au moyen de laquelle il parvint à remettre de la vie là où il n’y avait plus qu’une douloureuse torpeur, sut fonder des institutions durables, fournit à la nation les conditions intérieures et extérieures d’une existence saine, libre, susceptible de progrès !
L’autre contradiction, qui pourrait émouvoir certains logiciens sévères, fait plus d’honneur encore à l’esprit et au caractère de Humboldt. En 1792, il avait exprimé une indifférence profonde pour les formes politiques. C’était une erreur dont la responsabilité revient bien un peu à la censure. Quoi qu’il en soit, Humboldt en 1819 écrivit quatre-vingts pages Sur l’organisation constitutionnelle de la Prusse (1). Dans les deux œuvres, celle du jeune homme et celle de l’homme fait, mêmes etTorts pour donner à la force morale de la nation plus de vigueur, à la vie individuelle plus d’importance,
(1) Cel écrit est daté de Francfort le 4 février 1819. Pertz le publia pour la première fois à Berlin en 1848, dans l’ouvrage d’un autre écrivain, les Denkschriflen tiber deulsche Verfassungen, par le ministre Vom Stein.