‹ Essai sur les limites de l'action de l'étatChapitre 12 sur 105 · XVIII VIE POLITIQUE · texte numérisé non relu

XVIII VIE POLITIQUE

pour simplifier le gouvernement, pour mettre l’activité et l’énergie à la place de l’apathie et de la paresse. Même sur certaines questions isolées, on trouve entre les deux écrits une concordance frappante. Dans l’un et dans l’autre respire une égale haine contre cet immense et tout-puissant mannequin appelé la bureaucratie. Mais dans les pages de 1819 on voit l’importance des formes constitutionnelles comme garanties de la liberté, appréciées à leur vraie et incontestable valeur. Ce changement nous est attesté non-seulement par les écrits, mais encore par la vie et la conduite de Humboldt. Après avoir pris pendant dix ans l’habitude du pouvoir, il l’abandonna par attachement pour ces formes constitutionnelles que sa jeunesse avait si dédaigneusement traitées. Successivement ambassadeur à Vienne, après la retraite d’Altenslein, membre du congrès de Prague en 1818; membre du congrès de Chatillon et signataire de la première paix de Paris en 181ft, membre du congrès de Vienne en 1815 ; égaré dans celte commission de Francfort, qui, chargée de réorganiser l’Allemagne, la disloqua; puis conseiller d’État, ambassadeur à Londres, membre du congrès d’Aix-la-Chapelle en 1818 ; enfin rappelé au ministère en 1819 par Hardenberg, Humboldt y rentra pour

Page 1