‹ Essai sur les limites de l'action de l'étatChapitre 13 sur 105 · DE GUILLAUME DE HÜMBOLDT · texte numérisé non relu

DE GUILLAUME DE HÜMBOLDT

assister à ce travail d’étouffement conduit par la diplomatie européenne contre toute idée libérale. Humboldt n’y put tenir. Après avoir lutté vainement il signa, ainsi que ses collègues Beyme et Boyen, avec lequel il s’était battu naguère en duel, une protestation indignée contre les fameuses résolutions de Carlsbad. C’était Bernstorff qui était le rédacteur de cet acte de coalition frauduleuse contre toutes les libertés promises solennellement à l’Allemagne. Humboldt demanda sa mise en accusation. Étant repoussé, il sortit de ce conciliabule en secouant la poussière de ses souliers sur la tête de l’absolutisme partout triomphant.

Voilà les contradictions qui existent entre l’œuvre et la conduite de Humboldt. Que l’on prononce maintenant entre lui et ses détracteurs ; car il en a eu dans son pays. Retiré depuis longues années hors du champ de la lutte, revenu à ses calmes études, voyant approcher la fin de sa vie, n’a-t-il pas eu raison de dire fièrement dans un de ses beaux sonnets « qu’il avait toujours laissé, avec joie et confiance, le génie de sa jeunesse conduire son cœur » (1).

Depuis 1819 il demeura presque constamment loin

(l) Fromm t nid Ireu der Jugend Genius sein Herz führen lassen .

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