‹ Essai sur les limites de l'action de l'étatChapitre 22 sur 105 · DE HUMBOLDT · texte numérisé non relu

DE HUMBOLDT

j) précises. » Getle sûreté, jointe à une certaine impatience de voir son œuvre produite au grand jour, se révèle encore dans la lettre du 12 septembre à Schiller. Mais c’est alors que commencent les hésitations. Le 7 décembre certains changements paraissent encore, ou plutôt paraissent déjà nécessaires à l’auteur. Toutefois il ne cesse point de penser à une publication prochaine, «car, dit-il, je ne sais si j’aurai beaucoup à » changer ». Le 1 h janvier 1792 les hésitations sont devenues plus fortes. « Peut-être, écrit Humboldt à » Schiller, Gœschen pourrait-il prendre mon petit » livre dans un ou deux ans. Je désirerais qu’il attendit » ce temps. Je ne suis nullement pressé, et j’aurais » ainsi le loisir de travailler à nouveau chaque cha- » pitre ; il en est pour lesquels cela est absolument » nécessaire. Mais comme je me livre depuis quelques u mois à d’autres travaux, je n’ai pu en trouver le » temps. Le sujet ne dépend d’aucune circonstance » particulière et extérieure. Tous y gagneraient, mes » lecteurs et les idées mêmes, auxquelles vous parais- » sez vous intéresser. »

Immédiatement après le départ de cette lettre, la nouvelle arriva qu’un éditeur était trouvé, et qu’on était

prêt à commencer l’impression. Comme il fallait

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prendre une décision définitive, Humboldt paraît avoir eu pour la première fois conscience de l’abîme qui le séparait du temps où il avait écrit cet Essai. Voici la lettre qu’il envoie à Schiller le 4 8 janvier 4 793 : « Ces » jours derniers, en parcourant mon travail, j’ai trouvé » beaucoup de passages qui ont besoin, non- seulement » de modifications, mais d’une refonte entière. Vous- » môme, mon cher ami, étiez dans le temps de cet » avis. Aussi penserez-vous certainement comme moi » aujourd’hui. Plus les idées que j’ai exprimées m’in- » téressent, plus je pense favorablement de mon ou- » vrage, moins je pourrais me pardonner la négligence » qui m’empôcherait de leur donner ce dernier soin. » Quant à présent, toutefois, et pendant les mois pro- » chains, non-seulement j’aurai d’autres affaires, mais » je ne suis pas disposé, et puis je manque des livres » nécessaires pour me livrer à cette révision. Sur cer- » tain point je voudrais parler de mes idées, pour leur d donner plus de clarté. Tout ceci m'a positivement » décidé à remettre mon édition à un temps indéter- » miné ; car tout délai déterminé, long ou court, m’im- » poserait un lien toujours désagréable en pareille ma- » tière. — Dans la lettre de notre excellente Caroline, d je ne vois en rien, mon cher ami, que vous ayez con-

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