SA PUBLICATION
» clu à cet égard une convention précise. Dites-moi » cependant si vous n’avez encore rien conclu, si l’on » peut reculer. Écrivez, je vous en prie, à l’éditeur, que » mes intentions sont changées ; qu’il m’est impossible » de fixer positivement l’époque de la publication ; que » je m’adresserai il lui et lui écrirai quand les modifi- » cations à faire seront terminées. 11 sera probablement » disposé à accueillir une seconde demande. S’il n’en » était pas ainsi, Gœschen serait dégagé, et je trouve- » rais un autre éditeur. — Mais si vous avez arrêté une » convention avec lui, je vous prie de vous entendre » ensemble pour que le livre ne paraisse qu’à Pâques » 179â, ou au plus tôt à la Saint-Michel de cette année. » Ce serait le terme le plus rapproché que je voudrais » prendre, et l’imprimeur ne s’en trouverait que mieux » à cause du temps qu’il pourrait donner à son édition. « Toutefois le premier terme serait celui que je prëfé- » rerais, et de beaucoup. »
Un an ne s’était pas encore écoulé, depuis que Dalberg avait pour la première fois exhorté Flumboldt à entreprendre ce travail ; il n’y avait pas huit mois qu’il l’avait achevé. Quatre mois plus tôt il se montrait sûr de toutes les idées exprimées dans son livre, et maintenant il ne peut se résoudre ni à les publier sans
PROjtrs ne publication
les modifier, ni à entreprendre son travail de révision. D’autres éludes l’attirent à ce moment même. Il s’y livre avec une ardeur dont il n’avait pas prévu la durée.
Cependant il ne faudrait pas croire que la publication de l’ouvrage fut retardée seulement par cette disposition paresseuse qui nous pousse trop souvent à remettre au lendemain des affaires qu’il vaudrait mieux exécuter aujourd’hui. Quoi qu’en dise Humboldt dans une des lettres que l’on a citées, il appartenait à une école de littérateurs qui, sans doute, se laissaient beaucoup guider par leurs dispositions du moment, mais qui, sous leur apparente indifférence pour les résultats, se préoccupaient grandement des circonstances extérieures dont le concours pouvait aider ou nuire au succès de leurs œuvres. Or précisément les idées libérales qui forment le fond môme du livre, tout à l’heure encore en grande faveur auprès du public allemand, venaient de subir un échec grave. Le jour même où Humboldt écrivait à Schiller sa dernière lettre à ce sujet, la mort de Louis XVI était résolue à Paris; trois jours après sa tête tombait. Les classes influentes de la société en Allemagne rendirent responsables de cet acte violent les idées mêmes et non les circonstances. Un revirement complet et brusque s’opéra, et un livre