‹ Essai sur les limites de l'action de l'étatChapitre 25 sur 105 · LE PROBLÈME · texte numérisé non relu

LE PROBLÈME

tant une erreur de croire qu’elle a été créée par lui. Le grand débat des droits de l’État sur l’individu et des droits de l’individu vis-à-vis de l’État est ouvert depuis l’antiquité (1). Platon, Aristote, Cicéron, Plutarque, y ont dit leur mot. Ils ont fait une part bien étroite à l’individu. Les Germains, du fond de leurs forêts, n’ont point pris doctement sa défense, mais ils l’ont chanté; et leurs chants sauvages, dont l’écho affaibli murmure encore dans les vieilles épopées venues jusqu’à nous, sont le premier document que les philosophes individualistes, en remontant l’histoire de l’Europe, puissent trouver, pour l’opposer aux traditions grecques et romaines.

Au moyen âge le développement de la personnalité humaine est simultanément favorisé et combattu;

Favorisé par la chevalerie, combattu par les institutions monastiques et le servage.

Tandis que Léonidas et ses compagnons, en se portant aux Thermopyles, se sacrifient volontairement pour la République, le chevalier « en partant pour la guerre», obéit à un sentiment tout privé, si je puis ainsi dire : « Çà, s’écrie- t-il, amenez-moi mon des-

(1) Yoy. nul. Platon, in Repubitr/ue. Aristote, l’uliliyuc, l. V|l, chap. ix et >H, I. VIH, eliap. 1 et n, 1. lit, eliap. i rr .

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