‹ Essai sur les limites de l'action de l'étatChapitre 26 sur 105 · SON HISTOIRE · texte numérisé non relu

SON HISTOIRE

» trier. Ma bien-aimée m’ordonne de quitter mon pays,

» et je m’éloigne, et je m’en vais chevaucher au loin,

» pour lui plaire (1). »

Mais si la chevalerie développe la personnalité de quelques seigneurs, le monastère l’étouffe presque partout et presque toujours. Pour un saint Bernard, combien d’âmes, qui auraient fleuri au grand air, se sont séchées entre les murs du couvent, brisées par la règle uniforme, inflexible !

Le servage, qui courbe l’homme durant toute sa vie sur la même motte de terre, sous les mêmes redevances et les mêmes humiliations, fit longtemps des peuples de l’Europe de vastes troupeaux.

L’histoire nous montre dans le mouvement communal du xi® siècle en Italie, du xn e siècle en France, le réveil de l’individualité, lasse de sa longue compression. A la faveur des luttes entre les dominations d’alors, le Sacerdoce et l’Empire qui s’entr’affaiblissent et n’ont plus le loisir de tourmenter l’homme jusqu’à son foyer, les habitants des villes construisent pour eux un modèle d’organisation politique qui donne à chacun la liberté civile et développe chez tous l’es-

(I) Voy. Octave d'Àssailly, les Chevaliers poètes de l’Allemagne , p. 12.

CHRÉTIIH. c

XXXVU1

Page 1