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DU SOCIALISME ET DE LA LIBERTÉ. XLIX

tions la défiance la plus jalouse contre les empiétements de l’État. Appartenantau socialisme, si on le considère simplement comme critique, il étudia avec conscience, dévoila avec audace les mystères et les iniquités de l’organisation sociale de son temps. On a reconnu Proudhon. Imbu, comme Humboldt, « du respect le plus profond pour la dignité intérieure de l’homme et pour sa liberté », il se porta le défenseur de l’individu contre tous ceux qui voulaient donner à l'État une grande force d'initiative, fouriéristes, saint-simoniens, communistes, démocrates autoritaires. Nul ne demanda plus énergiquement que lui la suppression de « cette cinquième roue du char de l’Humanité, qui » fait tant de bruit, et qu'on appelle, en style gouver- « nemental, l’État » (1). C’est lui qui, dans son ardeur

décentralisatrice, disait en tête de sa grande œuvre

de critique sociale : « Le plus parfait des gouverne- • » ments serait la négation de tous (2). » Il faut l’entendre résumer, juger, bafouer les systèmes des réformateurs d’alors. L’ironie occupe dans sa critique une large place, mais cette ironie est du meilleur aloi;

(1) Système des contradictions économiques, t. I, ch. vu, p. 179. Édition de 1850.

(2) Ibid., Prologue, t. I, p. 37. .v

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