SOCIALISME LIBÉRAL DE PROUDHON. LT
dernières années du règne de Louis-Philippe, se fit l'apôtre de cette foi mort-née. Il met en pleine lumière les puérilités du communisme ascétique, les turpitudes du communisme épicurien. D’autres avaient combattu
cette utopie, Proudhon l’écrasa au dire d’un de
ses plus illustres adversaires, Frédéric Basliat (1) :
« Le communisme est le dégoût du travail, l’ennui
» de la vie, la suppression de la pensée, la mort du » moi, l’affirmation du néant. Le communisme dans » la science, comme dans la nature, est synonyme de » nihilisme, d’indivision, d’immobilité, de nuit, de si- » lence : c’est l’opposé du réel, le fond noir sur lequel » le Créateur, Dieu de lumière, a dessiné l’uni- » vers (2). »
Le socialisme non communiste ne lui échappe pas. Proudhon met le doigt sur ses vices, et par une ascension rapide, remonte jusqu’au vice primordial, jusqu’à la solution fausse donnée, par cette école, à la grande question examinée précisément dans le livre de Humboldt : « Le socialisme, dit-il, n’a pas compris que les » services publics, ou exécutés par l’État, coûtent fort
(1) A propos de l’incomparable Lettre à mon ami Villegardelle, communiste , qui forme le etiap. xii des Contradictions économiques.
(2) Ibid., t. II, p. 290.