ANTAGONISME
vont mettre son respect de l’individu et son amour de la liberté.
Ses commencements s’étaient signalés par une attaque furieuse contre la propriété. Plus tard le langage se tempéra, mais ses idées sur ce point restèrent bien longtemps les mêmes. Tandis que 'es socialistes respectaient la propriété et anéantissaient la liberté , Proudhon voulait anéantir la propriété et conserver la liberté. Il ne voyait pas que la première est tout à la fois la source et la garantie de la seconde. Le lien qui unit les deux droits est enfin devenu sensible à son intelligence. Vingt ans de méditations lui ont fait reconnaître son ancienne erreur, qu’il a loyalement rétractée. (V oy. Théorie de la propriété , 1865, chap. vi et vu.)
Cette contradiction n’est pas la seule. Ses écrits en renferment d’autres dans lesquelles il parait avoir persisté.
Les socialistes, frappés et indignés des misères de la plus nombreuse partie du genre humain, avaient dit : «Ce qui existe, c’est l’anarchie : il faut organiser le travail et assurer au travailleur le juste payement de son ouvrage. L’État seul peut se charger d’une entreprise pareille ; qu’il s’en charge donc, et qu’il n’écoule