DU SOCIALISME ET DE LA LIBERTÉ. LV
pas les vaines réclamations des intérêts individuels. Ce que vous appelez la liberté, c’est la voie ouverte au privilège, à l’égoïsme, à l’accaparement, à la pauvreté. » Proudhon leur a dit leur fait : Vous êtes des despotes !
D’autre part, les économistes, depuis Adam Smith, le créateur de la science nouvelle, jusqu’à MM. Dunoyer, Blanqui et Michel Chevalier, ses éminents interprètes, mettaient au-dessus de tout la liberté. Les malheurs et les misères qu’elle ne pouvait empêcher; le faible mis dans la main du fort ; le paupérisme grandissant ; la féodalité financière naissante, tous ces maux désolaient leurs cœurs. Chacun d’eux recherchait et proposait son remède. Mais tous voulaient conserver la liberté dans sa plénitude : * Organiser le travail l disaient-ils aux socialistes, mais c’est introduire le despotisme jusque dans l’atelier. Et puis qu’est-ce que cela? Le travail est tout organisé. » Et Proudhon, les traitant aussi durement, leur disait: Vous êtes des anarchistes sans entrailles; les ouvriers meurent de faim. Le travail est livré au désordre et à l’iniquité. Les choses ne peuvent pas demeurer telles. »
Et voici comment il résolvait cette contradiction économique : « Le travail est organisé? Non, répondait-il,