LE SOCIALISME ET LA LIBERTÉ. LV1I
apports, mais sur le travail des associés. Fort bien. Mais je ne veux entrer dans aucun de ces groupes. Ayant foi dans ma force, je préfère l’isolement. Si vous prononcez contre moi le compelle intrare, vous de\cnez des socialistes purs; vous anéantissez ma liberté. Si vous me laissez libre de demeurer à mes risques et périls en dehors de la convention, de deux choses l’une : ou je serai vainqueur, et bouleverserai, sans sortir de mon droit, votre prétendue organisation spontanée du travail ou je serai vaincu ; vos vastes
associations écraseront mon industrie, et je serai contraint, sous peine de périr de faim, de devenir un des vôtres, et de me soumettre, en la maudissant, à celle loi que vous aurez rédigée sans m’entendre. Ce n’est plus le despotisme de l’État, ce n’est plus le despotisme de la commune; c’est le despotisme des associations, aussi redoutable que les deux autres (1). Toujours la môme conséquence, toujours la mort de la liberté individuelle (2).
La situation singulière de cet honnête esprit oscillant
(1) Voyez le chapitre ni de Humboldt.
(2) Dix ans plus tard, Proudhon déclarait cette question formidable {De la justice dans la révolution et dans l’ Église, è tude première, chapitre n). Ses admirateurs reconnaîtront qu'il ne l’a point résolue rigoureusement par le principe de la mutualité, si bien exposé d’ailleurs dans la Capacité politique des classes ouvrières.
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