EN ANGLETERRE. — M. MILL. LXV
ginal : On libet'ty. Les lecteurs français le connaissent, grâce à un écrivain qui n’est pas seulement un traducteur élégant et fidèle, et dont nous aurons à parler bientôt, M. Dupont-White. La traduction de M. Mill est précédée d’une préface où il déploie vis-à-vis de son auteur une indépendance égale à l’indépendance de M. Cauer vis-à-vis de Humboldt. Chacun sait que M. Dupont-White n’est pas individualiste; la liberté qu’il estime, et avec grande raison, mais qu’il a tort d’estimer seule, est la liberté politique. Quoi qu’il en soit, il est certain que le livre de Humboldt a trèsdirectement inspiré M. Mill. Je n’en veux pour preuve que l’épigraphe de son livre, si énergiquement repoussée par M. Dupont-White, et que l’auteur a puisée dans V Essai de l’écrivain allemand : a Le grand principe, le principe dominant auquel aboutissent tous les arguments exposés dans ces pages , est l’importance essentielle et absolue du développement humain dans sa plus riche diversité. » Partout, en effet, nous trouvons le même respect pour la dignité de l’homme, pour la liberté, pour les droits de l’individu. Mais cette liberté, ces droits, que Humboldt défend contre les empiétements du pouvoir constitué ou de l’État, M. Mill les défend
contre la société, contre l’opinion publique, contre ce