LXX INFLUENCE DES IDÉES DE HUMBOLDT
» hommes même qui honoraient M. Cobden comme » un dieu. Les étrangers, observateurs de notre vie » politique, se déclarent déjà étonnés de la faveur » accordée en Angleterre à des doctrines qu’ils consi- » déraient comme condamnées. Il semble que le pays » du self-govemment, dans un paroxysme de faiblesse,
» en arrive à penser que l’État peut et doit tout » faire. »
Toutefois, si les radicaux anglais attirent sur eux l’étonnement des vrais amis de la liberté, ils ont une excuse; la même qu’eurent certains socialistes français sous la Restauration et le gouvernement de juillet. Aujourd'hui encore, chez nos voisins, de même que chez nous, jusqu’en 1848, la liberté politique, sauvegarde de l’indépendance individuelle, est un privilège, appartenant à beaucoup d’hommes, il est vrai, mais dont beaucoup d’hommes sont exclus. Les attaques des radicaux contre cette inégalité politique sont justes si elles tendent à faire de la liberté le patrimoine de tous. Ces attaques sont mauvaises, elles méritent les reproches amèrement exprimés par le publiciste anonyme que nous venons de citer, si elles tendent vraiment à remplacer l’initiative individuelle par l’action d’un pouvoir démocratique trop soigneux, c’est-à-dire étouffant. La vérité