‹ Essai sur les limites de l'action de l'étatChapitre 6 sur 105 · VIII MOUVEMENT PHILOSOPHIQUE · texte numérisé non relu

VIII MOUVEMENT PHILOSOPHIQUE

agitée, ont la même disposition. Elles ont à leur tête deux hommes de génie, aux facultés multiples, mais eu qui l’imagination prévaut : Voltaire et Rousseau, Goethe et Schiller. Derrière eux une armée ou une réunion d’hommes éminents tout pleins de puissance ou de charme, des créateurs, des vulgarisateurs. D’un côté le vieux Klopstock, Euler, Wieland, Jean-George Jacobi, les deux Humboldt, sans parler ici de ceux que nous avons déjà nommés ; de l’autre côté d’Alembert, Diderot qui fait pendant à Lessing, Helvetius, Gresset, Butfon, Turgot, Condorcet. Dans les deux troupes alliées, car leur mission était la même, chaque personnalité présentait une richesse inconnue des siècles passés, une variété de forces telle qu’en vérité chaque homme était une légion.

Toutefois il existe entre la France et l’Allemagne du xviii* siècle deux différences importantes. La première est tout à l’avantage de nos voisins. Tandis que les plus grands parmi nous se détournèrent trop souvent de l’œuvre commune pour se livrer entre eux à des luttes mesquines et honteuses, les illustres Allemands ne cessèrent de présenter en exemple à la foule le spectacle moral le plus pur. Tandis que Voltaire et Rousseau, en échangeant les plus ridicules injures,

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