‹ Essai sur les limites de l'action de l'étatChapitre 62 sur 105 · SUR HUMBOLDT, MIRABEAU, ROUSSEAU. LXXXVI · texte numérisé non relu

SUR HUMBOLDT, MIRABEAU, ROUSSEAU. LXXXVI

façon dans ses erreurs absolutistes, sans confondre comme lui ale pouvoir du peuple » avec « la liberté du peuple», ces deuxchoses si nettement distinguées l'une de l’autre par Montesquieu, il subit à plus d’un égard l 'influence du philosophe génevois. J’en trouve la preuve surtout dans l’adoption faite sans réserve des mots contrat social et des idées qu’ils expriment (1). Humboldt n’a rien à dire contre cette grosse erreur aussi contraire à la vérité philosophique et à l’histoire naturelle des sociétés qu’elle est dangereuse pour la liberté individuelle. Une seule fois il parait entrevoir l’inanité de cette théorie. C’est quand il recherche la base du droit de punir, de l’obligation pour l’infracteur de subir la juste peine de son méfait : « Le condamné, dit Hum- » boldt, sera obligé de souffrir la peine, en réalité » parce que chacun doit se résigner 4 voir léser ses » droits autant qu’il a injustement lésé ceux d’autrui. » Non-seulement cette obligation a pour cause le con- » trat social, mais elle existe encore indépendamment » de lui. La faire découler d’un contrat synallagmati- » que n’est pas seulement inutile, cela entraîne aussi » des embarras. Par exemple, il serait difficile de jus-

» tifier par ce moyen la peine de mort, dans le cas

(1) Voy. chap. ni, p. 56, note.

LXXXViil

Page 1