U 2 DÉTERMINATION PLUS NETTE ET POSITIVE
jusqu’ici je n’ai signalé que les matières capitales, celles qui sont certainement en dehors des limites de l’action de l’État, plutôt que je n’ai déterminé ces limites quand il y a place pour le doute ou la contestation. Voilà ce qui me reste à faire et quand même je devrais ne pas y réussir entièrement, je crois devoir essayer au moins de faire connaître, de la manière la plus nette et la plus complète qu’il sera possible, les raisons de cet insuccès. Mais dans tous les cas, j’espère pouvoir être bref, car tous les principes dont j’aurai besoin pour remplir cette tâche, je les ai déjà examinés et établis dans ce qui précède, autant du moins que mes forces m’ont permis de le faire.
Je dis que les citoyens jouissent de la sûreté dans l’État, quand ils ne sont pas troublés par des usurpations étrangères dans l’exercice des droits qui leur appartiennent, que ces droits aient trait à leurs personnes ou à leurs propriétés. Par conséquent la sûreté, c'est l'assurance de la liberté légitime , si l’on peut parler ainsi sans être taxé d’un excès de concision et par suite d’obscurité. Cette sûreté ne sera donc pas troublée par toutes ces actions qui empêchent l’homme de faire agir ses facultés ou de jouir de son bien, mais seulement par celles qui l’en empêchent illégitimement (t). Cette dé-
aujourd'hui, l’Introduction placée par le traducteur au commencement de ce volume.)
(1) Ce point de vue capital est négligé dans la définition de la liberté formulée dans l’article IV de la Déclaration des droits de l'homme : « La liberté consiste à pouvoir faire ce qui ne nuit pas à autrui, u Du reste l’omission n’est que dans les termes, elle n’existai t point dans la pensée des rédacteurs : la preuve de ceci se trouve