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SA VIE

(1795), (le droit (1797) ; dans ceux de Fichte qui, en 1793, donnait son livre Sur la Révolution française, en 1796 son Traité de droit naturel , en 1798 son Système de morale ; enfin dans les œuvres, aujourd’hui publiées en entier, de l’auteur qui composa le livre dont nous venons d’achever la traduction, de Guillaume de Humboldt.

Sa vie, racontée dans un intéressant travail dû à M. Challemel-Lacour (1), est connue. Nous n’avons qu’à la rappeler sommairement et à faire ressortir les circonstances qui se rattachent à la composition du livre que nous publions.

Guillaume de Humboldt naquit à Potsdam, le 22 juin 1767. Sa famille, fort riche, était depuis longtemps influente. Étant encore tout enfant, il perdit son père. Sa mère, douée d’une force de caractère et d’une élévation d’esprit peu communes, fit donner à Guillaume et à son autre fils Alexandre une éducation digne des facultés éminentes des deux jeunes gens. Leur enfance et leur jeunesse est poétiquement racontée dans les deux premiers volumes d’un long roman biographique dont Alexandre de Humboldt est le personnage principal, et

(I) La philosophie individualiste. Élude sur Guillaume de Humboldt. Paris, 1864.

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M. Héribert Hau, l’auteur (1). Ils étaient à peine sortis de l’adolescence, lorsque l’un de leurs précepteurs, Runth, les présenta chez la Récamier allemande, M me Henriette Hcrz, jeune et jolie présidente d’un petit cénacle philosophique et secret où les frères et les sœurs prêchaient aux initiés l’exercice de la charité, les soins qu’il faul donner sans relâche à l’esprit et au sentiment. Les deux Humboldl rencontrèrent dans ce cercle tout ce que Berlin contenait alors d’esprits distingués ou supérieurs : Ramier, Engel, Moritz, Dohni, Spalding, Keichardt, Schadow, Frédéric Schlegel.

De Berlin on envoya bientôt Guillaume de Humboldt à Francfort-sur-l'Oder où il commença son droit, puis à Gœttingen où il l’acheva, tout en suivant les leçons de Heyne, le philologue. C’est lâ aussi qu’il se lia avec George Forster, le compagnon des voyages de Cook, nature passionnée, esprit tout politique, qui s’imposa fortement à lui.

En 1Î89, à vingt-deux ans, il fait, en compagnie du vieux Campe, un autre de ses précepteurs, le voyage de Paris. Là, il entend Mirabeau et contemple avec un sang-froid étonnant de perspicacité les premières scènes

(1) Alexander von Humboldl. Culturhistorisch-biographischer Roman von Heribert Rau. Leipzig, 1861.

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