‹ Essai sur les limites de l'action de l'étatChapitre 9 sur 105 · DE GUILLAUME J)L HUMBOLDT · texte numérisé non relu

DE GUILLAUME J)L HUMBOLDT

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du plus grand drame historique des temps modernes. A son retour en Allemagne,. Humboldt recherche et parvient aisément à approcher tout ce que son pays contenait d’illustrations naissantes ou déjà accomplies. Puis il aborde la vie pratique et débute devant la chambre de justice de Berlin. Mais l’étroite salle d’au-, dience était insuffisante aux projets que couvait déjà son esprit. Il abandonna bientôt une carrière où il se fût grandement distingué, si l’on en croit les reproches que ceux qui le connaissaient lui adressèrent après cette détermination.

A ce moment ses amies du salon Herz l’engagèrent à se marier. Il accueillit leurs conseils sans répugnance, mais sans empressement ; il les pria de lui chercher une femme. Inutile de dire que la mission fut bientôt remplie. Elles lui proposèrent la fille d’un magistrat d’Erfurt, M. Dacherœden. Il ne dit pas non. Le mariage fut négocié, puis décidé par plénipotentiaires. Au commencement de 1791, Guillaume de Humboldt assista à son mariage comme il avait assisté à la Révolution française en 1789. Il ne s’était guère plus mêlé d’amener l’un que l’autre. Et pourtant celle qu’il épousait était une délicieuse enfant, un noble cœur et une grande intelligence. Si Humboldt ne la devina point, il la

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comprit quand il l’eut connue, et bien plus tard, vers la fin de sa vie, il disait d’elle à un ami : « Je sais, moi, tout ce que j’ai dû h scs conseils, h son esprit, pendant les terribles années de 1813 à 1819. »

Aussitôt après son mariage, Humboldt se retire à Burgœrner dans le comté de Mansfeld, et là se livre pendant deux ans à des études de philosophie politique. Puis, sous l’influence de Wolf, qu’il avait connu chez son beau-père, il quitte peu à peu la polilique pour étudier l’antiquité. Sa liaison avec Schiller, commencée depuis longtemps, devient intime ; les longues lettres se succèdent à de courts intervalles; bientôt elles ne suffisent plus à leur amitié. Humboldt vient avec sa famille s’établir à Iéna, afin de vivre près de Schiller. Varnhagen, sa femme, si connue en Allemagne, l’indépendante Rahel (1), Gentz, esprit frivole, mais charmant, formaient le cercle accoutumé au milieu duquel, Goethe, alors en résidence à Weimar, apparaissait quelquefois.

(1) On a publié la correspondance et les journaux de celte femme, qui, dans un âge fort mûr, ayant une figure sans beauté, une taille sans régularité, inspira à Varnhagen, bien plus jeune qu’elle, un amour profond (Rahel, ein Bach des Andenkgns fiir ihre Freunde, Berlin, 1834, chez Duncker et Humblot. — Voyez aussi les curieuses lettres du prince Louis-Ferdinand de Prusse à Pauline Wiesel, avec des lettres d’Alex, de Humboldt, Rahel, Warnhagen, Gentz, Marie de Méris, publiées par M. Alexandre Buchner. Leipzig, 1865.)

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