‹ Essai sur les limites de l'action de l'étatChapitre 84 sur 105 · SUR LA LÉGISLATION · texte numérisé non relu

SUR LA LÉGISLATION

ou admises h peu près par tout le monde, mais en vertu d'autres circonstances fortuites, si par exemple il existe dans l’État un système politique bien affermi, des institutions financières inaltérables; s’il en est ainsi, le second de ces points de vue présente de graves embarras et fait très-souvent que le premier en souffre. On trouverait certainement la cause de la ruine de bien des Étals dans des collisions de cetle nature.

J’espère avoir assez nettement fait connaître le plan que je me suis proposé en essayant d’exposer ces principes de législation. Mais, même dans ces limites étroites, je suis loin de me flatter d’avoir réussi dans ce dessein. Peut-être la justesse des principes exposés n’a-t-elle dans son ensemble à redouter que peu d’objections, mais certainement cette exposition n’est ni aussi complète ni aussi nettement déterminée qu’il le faudrait. Même pour établir les principes les plus élevés, et pour cela précisément, il est nécessaire de descendre dans le détail des choses. Mais mon plan ne me permettait pas de le faire ; et si je me suis efforcé d’accomplir pour moi seul ce travail comme préparation à ce petit livre que je viens d’écrire, un pareil effort n’est jamais couronné du succès que l’on désirerait. Aussi reconnais-je volontiers que j’ai tracé les divisions qui devraient être remplies, plutôt que je n’ai développé suffisamment l’ensemble. Toutefois ce que j’ai dit suffira, je l’espère, à faire bien ressortir l’idée qui domine ce travail, à savoir, que l’objet le plus important de l’État doit toujours être le développement des facultés des citoyens isolés dans leur individualité ; que par suite il doit per-

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