POUR LE BIEN POSITIF DES CITOYENS
l'hooime est habitué à vivre dans le monde des idées el des sentiments, plus son intelligence et sa moralité sont vigoureuses et délicates, plus il recherche les situations extérieures qui enrichissent son moi inlérieur, ou du moins les c6lés qui présentent cet avantage dans toutes celles que le destin lui attribue. On ne saurait dire combien l'homme gagne en grandeur et en beauté quand il s'applique sans relAche k donner toujours la première place à son être intérieur, quand il le considère comme la cause première et le but final de tout soD labeur, quand le corps n'est pour lui qu'une enveloppe, les objets extérieurs que des outils.
Pour choisir un exemple, combien le caractère développé dans un peuple par l'agriculture laissée libre ()) ne se monlre-t-il pas nettement dans l'histoire? Le travail qu'il consacre au sol et la récolte qui l'en dédommage rapprochent tendrement l'homme de SOD champ et de son foyer. La participation à la fatigue bénie, la jouissance en commun de ce qu'on a gagnéj établissent dans chaque famille une douce liaison, dont n'est pas exclu l'animal lui-même, compagnon du travail. Les fruits qu'il faut semer et récolter, mais qui poussent chaque année et ne trompent que rarement l'espérance, rendent l'homme patient, confiant, éco- Dome. Le don toujours reçu directement des mains de la nature ; le sentiment toujours vivant que, si c'est la <nain de l'homme qui répand la semence, ce n'est pas
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elle qui I» Ml germer «t croître; la oontinuelle dépendance de U Hiion TavorAbl^ qu détuvorable donne »k cffiuri 1b pensée tanidt terrible, tantôt doaoe d'ôtrei Bopérienrs; elle inipire tour à tour U oninle et r«^ poir ; elle pouiH fc la prière et à la rMODnaiisanofl. L'image vivante de la grandeur gimple, de l'ordre indestructible, de l'immense bonté, doime eux flmei la grandeur, la simplicité, la douceur, la aoumintioD libre et heureuie aux loit et h la morale. Toojoun habituée à produire, jamais à détruire, l'agriculture est pacifique ; elle est ennemie de la cruauté et de la violence ; mais, remplie du sentiment que toute agrei> sion non provoquée est injuste, elle est animée d'one baine insurmontable contre tout destructeur de h paix.
Toutefois la liberté eat la condition abtolumeot né< ceesaire, sans laquelle les aotei qui portent le plus nettement le cacbet de l'âme ne peuvent entraîner aucune de ces conséquences salutaires. Ce que t'homoM ne choisit pas lui-même, ce en quoi il est gêné ou ven quoi il est mené, ne l'identifie jamaii avec loa être et lui reste toujours étranger. Pourraocomplir, il emploie, non ses forces d'homme, mais une adresse de mrâanique. Lais anciens, les Qrecs surtout, considéraient comme mauvaise et déshonorante toute occupation ayant pour objet, non le développement du moi, mail seulement celui des forces corporelles ou l'acquisition ùe biens extérieurs. Leurs pbilosopbes lés plus philanthropes approuvaient à cause de cela l'esclavage. Pour eux, c'était un moyen, injuste et barbare sana douta.
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