M DE LA RELIGION
de la sentibilitë. La crainte et Tesp^nnce, au milieu de phénomènes naturels que l'imagination transforme en êtres conscients et actifs, composent toute la religion. Quand la culture intellectuelle commence à naS tre, cela ne suffit plus. L'Ame s'élance vers le spectacle d'une perfection, dont une étincelle brille en elle, mais dont elle pressent en dehors d'elle une mesure bien supérieure. Cette contemplation devient de l'admiration; et quand l'homme se croit en rapport avec l'Êlre parfait, elle devient de l'amour, d'où natt le désir de se faire semblable et de s'unir à lui. Cela se rencontre même chez le» peuples qui n'en sont encore qu'aux premiers éléments de la civilisation. La cause en est que, chez les nations les plus barbares, les personnages principaux s'imaginent descendre des dieux et croient qu'ils retourneront parmi eux. L'idée delà Divinité varie seulement suivant que se modifie l'idée ' de la perfection qui domine, et qui change & chaque époque et dans chaque peuple. Les dieux des anciens Orecs et des anciens Romains, ceux de nos premiers ancêtres n'étaient que des idéalisations de la puissance et de la force corporelles (1). Quand l'idée du beau
(1) La hcultë d'tdéiiliHr iuppoie cbei rhomme un degré d« cnltnre ralativement avsncf. Le travail de l'idéalisation ne peut s'tccamplir que dans un cerveau qui a observé et comparé. Il esl 11 sjnUièie, élevée, vigoureuse, poétique de pensées, de sentiments, d« se n«a lion s. L'homme primitif n'j pouvait parvenir direclement. L'idée de la Divinité a germé pour la prcmiËre fols dans le cœur tinnain BOUS l'implre d'un senlimeot de rf connnitunce et de terreur. (Vof, Bernardin de Saint-Pierre, De la tiature de la morale] — Mais ce qui suit est-il aussi vrai? L'tiomme a-t-îl idéalisé, d'abord le beau malériel, puis le beau inlelUctuet ei moral f n'Mt-ee pi( l'ordre
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