‹ Essai sur les limites de l'action de l'étatChapitre 35 sur 77 · APPLICATION AUX FAITS DE LA THËOBIE · texte numérisé non relu

APPLICATION AUX FAITS DE LA THËOBIE

les empêchent plus de produire dans toute leur étendue les etTeb qu'elles produiraient toujours, si aucun éléiuenl étranger ne venait s'y mêler.

2" Pour accomplir le passage de l'état présent au régime nouveau que l'on projette^ faire autant que possible que toute réforme découle dm idées et de l'esprit des hommes.

Dans l'exposition des principes purement théoriqiws que j'ai présentés, mon point de départ, il est vrai, a toujours été la nature de l'bomme, raaii j'ai toujours supposé une mesure commune, non une mesure extraordinaire de forces. Je me suis toujours représenté l'homme avec la forooc qui lui est nécessairement propre, avant qu'il sent modifié par aucune situation spéciale. Mais nulle part un tel homme ne ife ren< contre ; partout le milieu dana lequel il vit lui a déjà donné une forme positive plus ou moins détournée de son type primitif. Aussi, quand un État s'est efforcé d'étendre ou de restreindre les limites de son action sui*atit les principes d'une théorie vraie, doit-tl tenir très-grand compte de cette forme. Le manque d'harmonie entre >a théorie et la réalité, eh ce qui concerne ce c&té de l'administration de l'État, se résoudra tou-* jours, à la vérité, comme il est facile de l'apeiVëroir, en un manqoe de liberté, et ainsi r<»t peut croire que le reUkehement des liens est tot^ours utile et toujours salutaire. Mais, si vrare que soit en ell&-mèma cette proposition, il ne faut pa» oublier que ce qui, d'un c&té, et en tant que lien, encbatsera la force, d'un autre c6té sera pour l'bommtf une oceasion d'eMicer

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Cl'DISSU» BtVKlOPrÈE. 3&7

son activité. Déjà, an commencement de ce travail j'«i fait obstirver que rbomme a plus de penchant pour la domination que poar la liberté : l'édifice du pouvinr ne coDlente pas sealement le Murerain qoi l'élève et le maintient; les sujets eux aussi sont satisfaits par U pensée qu'ils sont les parties d'un tout qui l'élève audessus des forces et s'étend au deU de la durée d'une génération. Of« là où celte opinion est encore domjnxnte, l'énergie doit nécessairement s'évanouir; la somnolence et l'apathie apparaissent dès que l'on veut forcer l'homnie à agir seulement en soi et pour soi, seulement dans le cercle qu'embrassent ses forces indiridnelles, seulement pour le temps qu'il a à vivre. A la vérité, ce n'est que de cette manière qu'il agit sur le cercle le plus illimité pour la durée )a plus impéris" Mble> mais aussi son action n'est pas si immédiate; il répand une semence qui germe d'elle-même plutM qu'il n'élève des édifices qui montrent directement les Irades de sa main. Au contraire, il faut nécesEBirement un plus haut degré de culture pour préférer l'activité, qui ne fait que donner des forces, et leur confie la production des résultats, à cette activité, qui crée directement les résultats sans créer de force». Ce degré de caltere est la vraie maturité de la liberté. Mais cette matarité ne se trouve nalle part dans sa plénitude, et, sQivartt moif sa perfection restera toujours étraugére k l'homme sensuel qui s'oublie si volontiers lui-même. Qu'aarait donc à faire l'homme d'État qui voudrait entreprendre un parpll changement? D'abord, à chaque |ias nouveati qu'il ferait en dehors de la voie

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ikè APPUCATION AUX FAITS DE LA THÉORIE logique tracée par la situation actuelle des choses, suivre strictement la tliéorie pure, à moins qu'il n'exist&t diins le présent une circonstance qui, si l'on voulait enter dessus la théorie, changerait ou anéantirait tout ou partie de ses conséquences. En second lieu, il devrait laisser subsister sans y toucher toutes les restrictions à lit liberté, fondées sur l'état présent des choses, tant que les hommes ne feraient pas voir par des signes infaillibles qu'ils les considèrent comme des liens oppressifs, qu'ils en ressentent le poids, et qu'en ce point ils sont mûrs pour la liberté; mais, dans ce dernier cas, il faudrait sur-le-champ faire disparaître ces reslrictions à la liberté. Enfin, cet homme d'État devrait employer tous les moyens de hâter la maturité du peuple pour la liberté. C'est là inconteslablement la chose la plus importante et la plus simple dans ce système; car rien ne nous apprend aussi bien à être dignes de la liberté que la liberté ellemême. Celte proposition ne sera pas admise, il est vrai, par ceux qui se sont si souvent servis de ce prétendu manque de maturité comme d'un prétexte pour faire durer l'oppression. Pourtant elle est basée, je crois, sur la nature même de l'homme. L'absence de maturité pour la liberté ne peut venir que du manque de forces intellectuelles et morales; on ne combattra cette insuffisance qu'en augmentant ces forces; pour les augmenter, il faut qu'elles s'exercent; pour qu'elles s'exereent, il faut l'esprit d'initiative que fait naître la liberté. Ce n'est pas, à proprement parler, donner la liberté que d'écarter des liens, quand celui qui les

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