‹ Essai Sur Les Lois Agraires Sous La République RomaineChapitre 34 sur 75 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Tibérius Sempronius Gracchus appartenait, par sa naissance, à une famille très estimée et très en vue de la noblesse. La Ligurie, la Sardaigne furent soumises par un de ses ancêtres. Son trisaïeul, général de cavalerie, fit armer huit mille esclaves après la déroute de Cannes; il fut vainqueur à Bénévent et décréta leur liberté. Enfin le père de Tibérius, étant gouverneur d'Espagne, dépeupla et pilla nombre de villes, pour assujettir cette province. A son retour dans la métropole, il reçut les honneurs du triomphe, devint Consul, pacifia la Sardaigne et mérila, comme Censeur, la sympathie des honnêtes gens. C'était un homme scru-

puleux, magnifique et chevaleresque. Les Scipions

furent ses ennemis; toutefois, son ardeur sponfanée protéga Scipion l'Asiatique contre l'ingratitude publique et lamesquinerie humiliante d'une contrainte par corps. Il épousa, pour sa récompense, Cornélie, fille de l'Africain, vécut en parfaite affection, en admirable intelligence avec cette femme exemplaire, dont le nom signilie encore les plus belles vertus domestiques, et mourut laissant douze enfants. Deux fils, une seule fille survécurent : la fille fut mariée à Scipion Émilien ; l'ainé des fils portait, comme son père, le prénom de Tibérius, héréditaire dans la famille Sempronia; et le cadet, nommé Caïus, avait neuf ans de moins que son frère. Cornélie leur voua son veuvage; elle écarta les prières du roi d'Égypte, qui sollicitait sa main.

Chacun sait l’'anecdote charmante de Cornélie recevant chez elle une riche matrone campamienne, toute fière de ses joyaux précieux. Les enfants rentrent de l’école, Cornélie dit à cette bonne dame : Hæc ornamenta mea... (Voici mes

Fe . 1 à LA K r parures!) — Rien ne fut négligé par elle pour

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