Cicéron, de Officiis, II
2, Aulu-Gelle, XI, 18.
hauts personnages intervinrent, et, jugeant rudement sa conduite, lui firent un devoir de protester. Octavius résista d'abord; puis il céda, se sépara de Tibérius, — enfin, déclara son veto.
Cette opposilion imprévue semble avoir jeté Tibérius dans une affliction plus émue que courroucée; car 1l était violent, mais tendre. Indiquer un ami de la veille aux soupçons hostiles de la plèbe lui parut chose difficile et dure. Le bon et noble patricien comprit soudain l’ambiguïté des circonstances où son génie l'avait placé; sa rup- Lure avec Octavius lui révéla qu'il ne se gouvernait plus lui-même, qu'il irait jusqu'au bout d’un rôle amer : l'événement, peu grave en soi, lui montrait d'avance tout l'avenir; et de là sans doute sa {ristesse, ses appréhensions, ses premiers scrupules intérieurs.
On ne sait au juste ce qu'il fit. Désorienté, perdant toute mesure, peut-être se laissa-t-1l aller à accroitre encore la rigueur de ses projets, comme pour châtier les opposants; peut-être aussi
se borna-t-il à maintenir sa loi, telle quelle‘. Mais,