‹ Essai Sur Les Lois Agraires Sous La République RomaineChapitre 6 sur 75 · Gromatici, p · texte numérisé non relu

Gromatici, p

2. Le mot primilif est employé jiei dans l’acceplion définie par M. Tarde, Transformations du Droit, p. 65, note 3 : « Ou il ne signifie rien, dit M. Tarde, puisqu'il ne peut être ques-

Lion, bien entendu, de remonter au premier homme encore à demi animal ou aux premières choses humaines, en un sens

collective ou privée — de l'exploitation du sol.

Les origines de la Ville éternelle sont obscures et légendaires. Il est possible qu’un chef de brigands réfractaires ait groupé sous sa suprématie l'élite de ses compagnons de hasard, vers le milieu du vin* siècle avant notre ère. Le vol des vautours lui désigne le mont Palatin pour y fonder la cité nouvelle : il offre un sacrifice aux Dieux et creuse de ses mains la pelile fosse où chacun jette une motte de terre de son pays; ensuite il attelle un taureau blanc, une vache blanche à sa charrue, et dessine — autour du petit fossé pris pour centre — l'invioiable enceinte que nul désormais ne franchira sans sacrilège. De place en place, il soulève le soc d’airain, évite d’effleurer la terre, ménage des portes aux murailles futures, et, de part et d'autre, abandonne un peu de sol au Culte : c’est le pomærium, ruban myslique qui enveloppe cette Roma quadrata de Romulus, —

berceau d’une puissance formidable.

tout chronologique; ou il signifie simplement et clairement, en un sens plutôt logique, qu'il existe un cycle fermé de phases où tournent et retournent les choses humaines assujetties à de périodiques répétitions. »

Alors, selon Denys d'Halicarnasse ’, le fondateur divise son peuple en tribus, les tribus en curies, le territoire en trente lots; il assigne un lot à chaque curie. Le témoignage de Denys est soutenu par ceux de Pline et de Varron. En effet, dans l'esprit des anciens, le régime de l'exploitation privée s’est substitué au communisme en des temps lointains, fabuleux, dont le souvenir s'est à peine maintenu ?; mais Romulus, au contraire, leur paraît proche dans le passé : ils imaginent avec précision sa figure, son rôle; ils racontent sa vie et retracent ses institutions. Romulus peut avoir vécu; ne doutons que de son caractère. Au surplus, quand tout le personnage serait une fiction, peu importe si elle représente un assemblage de faits positifs et si elle révèle l'opinion des anciens sur leur propre histoire : ici l'essentiel est qu'il n’y ait aucun flottement dans leur croyance

en un partage originel, contemporain de la cité. Plutarque et Cicéron” déclarent que Numa,

1. Denys, II, 47. — Cpr. Pline, xvimr, 2; Varron, de Re rustica, I, 10.

2. Dès que Saturne eut cédé son trône à Jupiter : cf. Justin, XIII, ol e

3. Plutarque, Numa, 16; Cicéron, de Republica, I, 14; cf. Denys, II, 74.

second roi de Rome, assigna aux citoyens les conquêtes de Romulus. Ainsi, certaines terres seraient demeurées publiques dans l'intervalle. Denys d'Halicarnasse ajoute que Numa établit la fète des T'erminalia et voulut que chacun dressät des bornes de pierre pour séparer les héritages. — Le rapprochement de ces textes décide Fustel de Coulanges à distinguer deux partages successifs : d’après lui, Romulus divise entre les chefs de familles le petit territoire qui exisle avant ses conquêtes, et Numa répartit entre tous les citoyens (viritim) les conquêtes de Romulus *.

Il est délicat de prendre parti, d'une façon catégorique, sur des questions si lointaines. Affirmer que, sept siècles avant notre ère, l'exploitation familiale et l'exploitation individuelle se sont suivies à quarante ans d'intervalle, c'est l'indice d’une foi peut-être excessive aux textes. La discussion de Fustel de Coulanges, même au point de vue de l’exégèse, laisse un peu à désirer, comme a montré M. Édouard Cuq?,

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