XVIII
sa cause l'exige, il change d'opinion avec une déplorable facilité. Suivant qu'il parle au peuple, au sénat, ou aux juges, tour à tour il encense et maudit les Gracques ou Sylla, le parti de la noblesse ou le parti populaire. Rien néanmoins ne peut remplacer Cicéron qui avait fait une sérieuse étude de F ancienne constitution, et qui, mêlé aux affaires de l'État et aux jugements , nous a conservé dans ses plaidoyers , nonseulement d'admirables pièces d'éloquence, mais des richesses historiques auxquelles rien n'est à comparer pour qui veut étudier Thistoire politique de Rome. Toutefois il est bon de joindre à la lecture de Cicéron celle d'Appien(l), auteur exact et véridique; quoiqu'il ait écrit longtemps après les événements, Appiena suivi avec une grande fidélité les monuments et les mémoires de l'époque , ainsi qu'on en peut juger par la précision et la netteté de son langage ; il appartient en outre à cette classe d'historiens politiques qui sont la gloire de la Grèce, tels que Thucydide et Polybe, et ses réflexions judicieuses et quelquefois profondes font de cet auteur une des lectures les plus sérieuses et les plus profitables sur la constitution romaine. Il faut ajouter aussi à la lecture de Cicéron, les scoliastes, qui nous donnent quelquefois de bons renseignements sur des faits et des institutions peu connues ; Asconius est précieux, le Pseudo-Asconius n'est pas sans valeur, non plus que le scoliasle de Bobbio ; celui qui porte le nom de Gronovius a peu d'importance. En contrôlant Cicéron par lui-même, par Appien ,
(1) Sur Appien, voyez rapprécîation juste, mais peut-être trop sévère, de M. Egger, Examen des historiens d Auguste , cil. VII, scct. 3.