‹ Essai sur les lois criminelles des Romains concernant la responsabilité des magistratsChapitre 32 sur 73 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De< procès de concussion qui suivirent les Lois Calpurnla et Junia.

Rétablissement d'une quœstio perpétua n'empêcha point la juridiction du peuple.ou du sénat, même {jour le cas de concussion ; car une juridiclion déégiiée ne pouvait faire obstacle à la connaissance suprême du sénat ou de la nation ; aussi, avons-nous

(1) Cic. BruU c. 28. De O^, ni, 11.

(2) Cic. Biul, t 28.

~ 204 — quelques exemples de procès dont s^occupa le sénat, postérieurement à la loi Calpurnia, tel que celui de Junius Silanus, accusé par les Macédoniens (i ). Mais nous avons un plus grand nombre d'accusations portées devant le préteur, et probablement, en vertu des lois Calpurnia ou Junia , tel que le procès fait par Scipion Émilien à L. Aurelius Cotta (2), celui qui fut intenté à Livius Salinator, et celui que Lentulus fit à M. Aquilius qui avait ruiné F Asie par ses concussions (3).

Tous ces procès, intentés dans un espace de quinze années, prouvent quels rapides progrès avait faits la corruption , car tous ces magistrats furent pris , pour ainsi dire , en flagrant délit , et accusés par les citoyens les plus honorables de Rome, par Scipion, par Lentulus^ par Rutilius Rufus, qui prêtèrent Pappui de leur talent et de leur influence aux provinciaux dépouillés. Mais la corruption des juges , pris parmi les sénateurs, ne fut pas moins grande que celle des accusés; sept fois les juges de L. Colta renvoyèrent à un plus ample informé , et à la huitième accusation, ils acquittèrent. Il en fut de même pour Salinator et pour Manius Aquilius, et le scandale de ces acquittements fut si grand , que ce

(1) Livii epit. liv. — Cic. De Finib. i, 7. — Val. Max. v, § 3. — Quant au procès fait à L. Tubulus qui s'était laissé corrompre pendant qu'il présidait à Rome une commission chargée de juger les assassins, il était juste qu'on nommât une quœstio spéciale pour le juger, car son crime, commis à Rome, ne rentrait point dans la quœstio repetundarum, 11 semble du moins que ce ne fut que plus tard, et par la loi Cornelia, que la vénalité du juge fut comprise dans les lois de concussion. — Cic. De Finib, ii, 16; iv, 28, V. 22. De Nat. Deor. m, 30. Pro Cluent. 104.

(2) Val. Max. vin, 1, 11. P. Scipio ^milianns, L. Cottam ad prstorem accusavit. Cujus causa quanquam gravissirais criminibus erat confessa , scpties ampliata, et ad ultimum octavo judicio est absoluta. — Cic. Pro Murena., c. 28. — Ascon. p. 124 (éd. Orell.)

(3) Cic. In Ferr, c. 21, et ibi Zumpt.— Ascon. (Orell., p. 124).

fut Tarme dont se servit Caius Gracchus pour transférer aux chevaliers un pouvoir qu'avaient déshonoré les sénateurs (1 ).

L'effet de ce changement ne se fît pas attendre, et C. Caton , le petit-fils de M. Caton , le neveu de r africain, coupable d'une exaction insignifiante, fut condamné par les chevaliers , avec un zèle qui malheureusement se démentit bientôt (2).

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