‹ Essai sur les lois criminelles des Romains concernant la responsabilité des magistratsChapitre 48 sur 73 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Des Lois destinées à punir le crime d'ambition. — Lex Cornelia Bœbia, Maria y Acilia Calpurniay Tullia, Aufidia,

Jusqu'à présent, dans l'examen des lois qui assuraient la responsabilité criminelle des magistrats, nous n'avons parlé que de celles qui punissaient les exactions et les cruautés des gouverneurs de province. Les rapines qui plus d'une fois poussèrent au. désespoir les provinces écrasées furent, en effet, les premiers périls contre lesquels Rome eut à se défendre , mais bientôt elle fut attaquée par un mal intérieur non moins profond , et contre lequel , dans les derniers temps de la république, on tourna, mais en vain , tout l'effort des lois (2) ; ce mal incurable ce fut la vénalité des suffrages , la brigue et la violence des candidats. Cette corruption intérieure fut le vice

(d) Cic, Verr. ii, 1, 108..— Peter, p. 167, note xxx.

(2) Salluste ((7a///. 10) dit avec raison \ Igiturprimum pecunîae, deinde imperii cupido crevit, ea quasi materies omnium malorum fuere.

qui fit périr Farbre par le cœur; Rome, maltresse du monde, et n'ayant plus rien à craindre du dehors, périt, comme Favait prédit Polybe(1 ), par l'ambition des grands et la corruption du peuple. Dans cette agonie de la république , il n'était plus question des provinces à ménager, le pillage était devenu une coutume, et l'Etat avait à se garder de bien autres dangers , comme le disait énergiquement le tribun Memmius ; ISon peculatiis œrarii factus ^ neque per K>im sociis ereptœ pecuniœ quœ quanquam grana sunty tamenprœ consuetudine, jampro nihilo haben-

tur Respuhlica çenalisl Rome était en effet un

marché public où l'on se disputait les magistratures avec un acharnement et une violence dont les élections anglaises ne sont qu'un bien faible crayon ; car ce qu'il s'agissait d'emporter ce n'était point un siège au parlement, dans une assemblée nombreuse où l'influence individuelle est limitée , et la sphère d'action des plus étroites, c'étaient des provinces grandes comme les grands royaumes d'aujourd'hui, lesGaules, l'Espagne, l'Afrique, dont on conquérait le gouvernement avec la puissance la plus absolue. Aussi fautil lire l'histoire des derniers temps de la république pour voir jusqu'où peut aller le délire de l'ambition, et la passion de ces hommes qui , ainsi que le dit Varron, bouleverseraient l'univers pour emporter une magistrature (2).

Dans les premiers temps de la république , les magistratures se briguaient avec cette ardeur qui fait la vie des pays libres , mais on n'avait pas recours à des moyens que repousse l'honneur, c'était par des

(1) Polybe, VI, 57.

(2) Varro. ap. Non, Marc. Tanta porro invasit cupiditas honoram plerosqae, ut vel cœlum ruere, modo magistratam adipiscantur, exoptent.

~ 284 — exploits militaires, par des services rendus à la patrie qu'on espérait conquérir la faveur populaire. De bonne heure , néanmoins , on prit des mesures contre l'intrigue et la séduction ; c'est ainsi qu'au rapport de Tite-Live, une loi de l'an 321 , portée par les tribuns, de l'aveu du sénat, défendit aux candidats de prendre un costume distinctif, pour attirer sur eux l'attention publique : Ne cui album in vestimentuni adderCy peti^ tionis causay liceret (1 ). Cette loi , dont l'antique simplicité fait sourire Tite-Live , fut bien mal observée , comme le prouve le nom même de candidat ; la robe blanche devint le vêtement obligé de tous ceux qui briguaient le suffrage populaire.

En l'an 395, C. Paetelius , tribun du peuple, fit, de l'aveu du sénat , confirmer une autre loi par laquelle il fut défendu d'aller solliciter les suffrages dans les réunions publiques (2). Ce fut, à vrai dire, la première loi qui essaya de réprimer le crime d'ambition. Depuis cette époque jusqu'à la fin de la république, nous rencontrons une suite de tentatives , toujours inutiles , pour arrêter un crime qui grandissait à mesure que les progrès de l'empire ouvraient un champ plus vaste aux ambitions politiques.

En 439, nous voyons le dictateur Mœnius informer contre les ambitieux qui s'étaient coalisés pour parvenir aux magistratures, et cette recherche souleva la noblesse tout entière, car tout entière elle se sentait coupable (3). En l'an 572 , les consuls P. Cornélius Cethegus et M. Baebius, autorisés par le sénat,

(1) Liv. IV, 25.

(2) Liv. VII, 15. De ambitu ab C. Paetelio, tribuno plebis, auctoribus patribus, tuni primum ad popiilum lalum est; eaqiie rogalione novorum maxime hominum ambitionem, qui nundinas et conciliabula obire soliti erant, compressam credebant.

(3) Liv. IX, 26.

présentèrent une nouvelle loi contre Tambition (1), mais Tite-Live, qui nous apprend ce fait, ne nous dit pas quelles peines furent établies contre les coupables. Si Ton en croit le scholiaste de Bobbio (autorité peu sûre), la peine eût été Fincapacité d^ obtenir une magistrature dans les dix années qui suivaient la condamnation (2). On ne voit pas que cette loi ait produit beaucoup d'effet, puisqu'en 594, si Ton en croit TÉpitome de Tite-Live, il se fit une loi nouvelle sur le même sujet (3).

Outre les lois qui punissaient la brigue des candidats, on en fit d'autres pour prévenir des intrigues qui mettaient la république en danger ; tel fut le but de la loi Gabinia de Tan 614 , qui introduisit le vote secret dans les comices , pour soustraire à Finfluence de Faristocratie les suffrages du peuple dans Félection des magistrats (4). Telles furent ces autres disposi-

(1) Liv. XL, id. Sigonius a fait deux lois de cette loi Cornelia Baebia, l'une qu'il place en 572 et qu'il nomme ^milia Baehia, l'autre qu'il place en 594 et cpi'il nomme Cornelia Fulvia, du nom des consuls Cornélius Dolabella et M. Fulvius Nobilior ; mais Sigonius n'a pas fait attention qu'en 572 les consuls étaient Cornélius Cethegus et M. Baebius, et que par conséquent il était bien plus juste de n'admettre qu'une seule loi Cornelia Baebia, au lieu d'en supposer deux du même nom, quand les textes sont muets à ce sujet.

(2) Schol. Bobb. (éd. Orell. p. 361 ). Nec moverit nos, quod ita loquatur Cicero de Sylla, quasi damnatus crimine ambitus habuerit Romae demorandi facultatem. Habuit enim secundum legem Galpurniam. Nam superioribus temporibus damnati lege Cornelia hoc genus pœnae ferebant, ut magistratuum petitione per decem annos abstinerent. Aliquanto postea severior lex Calpurnia, et pecunia mulctavit, et in perpetuum honoribus jussit cavere damnatos. Habebant tamen licentiam Romae morandi. Postea jam damnatis Sylla et Autronio, pœnam de ambitu graviorem consules C. Antonius et Cicero sanxerunt : ut prseter baec veteribus legibus constituta, etiam exilio multarentur.

(3) Liv. epit. 47.

(4) Cic. De Leg, m, 16. Quis autem non sentit omnem auctoritatem optimatium tabellariam legem abstulisse? quam populus liber

tions dont nous parle Cicéron dans le troisième livre de son Traité des Lois : Ne quis tabellam inspicerety ne ro^aret, ne appellaret; quibus legibusy ajoute Cicéron , studia suffragatorum sublata esse ; dispositions qui faisaient sans doute partie de la loi que fit voter C. Marins dans son tribunat (l'an 624), loi qui rendit le passage (^pontes) par lequel les électeurs allaient voter, assez étroit pour que personne ne pût, par sa présence ou ses conseils, influencer les suffrages (1).

Marins fut des premiers à violer la loi qu'il avait fait rendre. 11 acheta publiquement ses consulats, comme Sylla, son adversaire, acheta la préture, après un premier échec. Corrompre les élections , vendre les suffrages , devint un art qui eut ses règles et ses principes, et qui s'exerça avec une publicité et une audace qui laissent bien loin en arrière les petites menées de nos modernes intrigants. Il faut lire les plaidoyers de Cicéron pour Plancius ou pour Murena, si l'on veut se faire une idée de la dépravation étrange qu'avait soufferte la liberté romaine.

La loi Cornelia Baebia était impuissante contre la brigue des candidats, comme l'avaient prouvé les procès de Rutilius et de Scaurus. On avait vu les premiers personnages de la république s'accuser mutuellement d'intrigue et de corruption ; et le peuple avait chèrement appris de Marins et de Sylla ce que pouvait lui coûter l'ambition des chefs de l'Etat, quand le tribun Cornélius voulut profiter du rétablissement de la puissance tribunitienne, pour arrêter les progrès delà corruption. Il proposa donc une loi qui infligeait une peine sévère aux candidats convaincus d'avoir

nunquam desideravit ; idem oppressas dominatu ac potentia principum flagitavit?

(1) Cic. De Leg. m, 17. — Plut. Mario, c, 7.

acheté les suffrages , et qui, de plus , atteignait leurs complices dans la personne des dwisores (c'est ainsi qu'on appelait les hommes qui rëpartissaient entre les électeurs l'argent promis par les candidats, et remis en main tierce jusqu'après l'élection ). Jusque-là les dwisores n'avaient rien eu à craindre des lois d'ambition (1). Cette loi, dirigée contre le parti du sénat, comme toutes les autres lois de Cornélius, fut accueillie par l'opinion avec assez de faveur pour que le sénat, inquiet du succès , essayât de donner le change au peuple , en faisant présenter de son côté une loi d'ambition moins sévère , par le consul Calpurnius Piso, loi qui avait ceci de singulier et de bien caractéristique des mœurs de l'époque, que celui qui la présentait, ayant acheté les suffrages pour être élevé au consulat, avait à grand'peine échappé à une accusation diambitus (2).

Cette loi, sur laquelle Cicéron et Dion Cassius nous ont conservé d'assez longs renseignements, exagérait la pénalité de la loi Cornelia Baebia ; les condamnés pour crime d'ambition furent déclarés incapables d'exercer une magistrature , ou d'entrer dans le sénat, et, déplus, frappés d'une peine pécuniaire (3). En

(1) Ascon. In Corn. (Orell. p. 74). Quare cum hune (ambitum) populus romanus viderel, et cum a tribuuis plebis doceretur (eum) nisi pœna accessisset in divisores extin(gui njullo modo posse, legem banc Cornelii flagilabat, illamque quae ex Scto ferebatur, repudiabat, idque jure, ut docti sumus duorum consulum designatorum calamitate.

(2) Dio Cass. xxxvi, 21. — Cic. In Corn, i, 32. Repugnare... ut divisores quos honoris sui ministros esse voluerat, lege ambitus vellet infligere.

(3) Dio. Cass. XXXVI, 21. Kal xarà twv ^gxao-ptoO Trspt ràç àpy^àç à^ttrxoixévwv gvo|/o6sT^0>3 îrpôç àyrwv twv uttûctcov ^^t* ap;^£tv , ^r^xz Pou^sûetv o'(j)clJv i^iQ^sva, à^^à xat ^pri^xroL Trpoçoy^tcxàvstv. Ascon. In CorneL (Orell. p. 68). — Isid. Orig, v, 26. Ambitus judicium in eum est qui largitione honorem capit et ambit, amissurus dignitatem quam munere invadit.

outre, et pour encourager les accusateurs , Toubliet Fimpunité furent promis à ceux qui , condamnés pour crime d'ambition , feraient à leur tour condamner un autre coupable (1 ). Y eut-il dans la loi de Calpumia, comme dans le projet de Cornélius une peine contre les dwisores? c'est ce qu'il est assez difficile de décider, mais ce que certains passages de Cicéron feraient supposer (2)

L'effiet de cette loi ne se fit pas attendre, et dès la même année , P. Autronius Paetus et P. Cornélius Sylla, qui venaient d'être élus consuls, furent accusés et condamnés pour crime d'ambition, malgré leurs menaces et leurs violences (3). Cette condamnation fut si bien reçue par le peuple , qu'il porta au consulat L. Colta, l'un des accusateurs, et L. Torquatus dont le fils s'était associé à Cotta pour faire condamner les deux consuls ambitieux (4).

La loi Calpurnia, la condarfmation d' Autronius et de Sylla, n'arrêtèrent point l'ambition des candidats, et n'empêchèrent point qu'on ne se servît des mêmes moyens pour parvenir aux mêmes dignités. Le sénat, effrayé de l'audace d'Antoine et de Catilina, qui publiquement achetaient le consulat, voulut faire voter une loi nouvelle , plus sévère que la loi Calpurnia; il

(1) Gic. Pro CliienL 36; Pro Balbo, 25; Ferrât, lib. i, epit. 13.

(2) Gic. In Corn, At eriim extremi ac difficillimi teniporis vocera illam, G. Gorneli, consalem miUeie coegisti : qui rem publicam salvatu esse velleiit, ut ad legem accipiendam adessent. — Ascon. (Orell. p. 75). Piso, qui consul eodem anno fuit, quo Cornélius tribunus plebiserat, cum legeni de ambitu ex Scto graviorem, quam fuerat antea, ferret, et propter inultitudinem divisoruni, qui per vini adversabanlur, e foro ejectus esset, edixerat id, quod Gicero significat, et majore nianu slipatus ad legem perferendam dcscenderat. — Gic. Pro Murcn. 47 ; Pro Plane, 35.

(3) Sali. CatiL 18. — Dio Cass. xxxvi, 27. — Suet. In Julio. 9.

(4) Gic. Pro Sylla, 17, 18; De Finib, ii, 19. — Drumann, 11,514.

-^ 289 — en fut empêché par un tribun (1); toutefois il rendit un sénatus-consulte (2) qui déclara coupables du crime d'ambition , et comme tels , passibles des peines de la loi Calpurnia, les candidats qui s'entoureraient de gens à gages, et donneraient au peuple des spectacles de gladiateurs ou des repas publics.

Cicéron , l'auteur de ce sénatus-consulte , le fit convertir en loi pendant son consulat. Il fut défendu aux candidats de donner des spectacles ou des repas au peuple, dans les deux années qui précédaient réJection (3); il y eut une peine, plus sévère, contre les électeurs qui vendraient leur suffrage (4) ; et enfin, un exil de dix ans fut prononcé contre le coupable du crime d'ambition ; peine exorbitante, contraire au respect qu'on avait porté jusque-là au nom de citoyen , et qui prouve à la fois la grandeur du mal, et l'affaiblissement des idées républicaines (5).

(1) Ascon. In Toga Candtd, (Orell. p. 83.).

(2) Cic. Pro Mut en. 67. Dixisti senatusconsultum , me referente esse factum : si mercede corrupti obviam candidatis issent, si conducli sectarenlur, si gladialoribus volgo Jocus tribuliin et item prandia si volgo essent data, contra legem Calpurniam factum videri.

(3) Cic. In Fatin. 37. Atque illiul etiam a te audire cupio; quare cum ego legem de ambitu tulerim ex senatusconsulto, tiilerim sine vi, tulerim saisis auspiciis, salva legeiElia et Fufia, tu eam esse legem non pnles : cum mea lex dilucide vetet, biennio quo quis petat peiiturusve sit, gladintores dare,mùcx testamentOy prœstiluia die — Pro Sextio, 133.— Schol. Bobb. Pro Sextio ( Orell. p. 309). Quod ait ab eo legem suam esse contemptam , significat eam, quas auctoribus consulibus eodem Cicérone et C. Antonio Je ambitu lata est, niulto severior quam fuerat illa Calpurnia : prœscribebalur enim inter caetera, îie candidaius ante biennium quam magistratum peli~ turus essef, munus populo ederei, propter ambitum scilicet, ne hoc ipso popularis animus eblandilus designationiejus succumberet.

(4) Cic. Pro Murena , 47. Pœna. gravior iu plebem tua voce efflagitata est; commotianimi sunt tenuiorum.

(5) Cic. Pro Murena, Al y 89. Pro Plancio, 83. — Scbol.

La loi de Cicëron ne produisit pas plus d'effet que la loi Càlpurnia, comme on en peut juger par ce que rapporte Plutarque : Pompée, en 693, acheta le consulat pour Afranius, sa créature, qu'il avait résolu d'élever à cette dignité en dépit de tout le monde (1). Ce fut en vain que le sénat essaya de s'opposer à ce trafic public de consciences , en déclarant criminels envers l'Etat ceux qui auraient chez eux ces vendeurs d'élection (^dmsores) , et en faisant porter par le tribun Aufidius Lurco une loi nouvelle qui condamnait tous les aclieteurs de suffrages, à payer annuellement, pendant leur vie, tiois mille sesterces à chaque tribu. Afranius ne fut pas moins nommé, non par l'autorité, ni par le crédit de Pompée, dit spirituellement Cicéron, mais par la même raison que disait Philippe de Macédoine, qu'il n'y a point de place imprenable dès qu'on y peut faire entrer un âne chargé d'or (2). L'année d'après la loi Aufîdia, et sous le consulat même de cet Afranius, Jules César s'entendit avec L. Luceius pour acheter

Bobb. Pro Plancio (Orell., p. 269). Pro Sulla (Orell., p. ^62). — Dio Cass. y XXXV II , 29. E^oÇg t^ ^o\)\în 5éxa stwv y\»yiîv toO Kixs~ |9&>vo; Iç rà pà^tara èvdyovroç, TOtç ETTtTtpttoiç rotç Itti t&> ^exao-piôj T6Toty|xsvotç 7rpoçvo|xo06T^O'at.

(1) Plut. In Cat. Min.

(2) Cic. Ad Au. I, 16. Nunc est expectatio comitiorum, in quae omnibus invitis trudit noster Magnus Afranium, atque in eo neque aucloritate, neque gratia pugnat, sed quibus Pbilippus omnia castella expugnari posse dicebat, in quae modo asellus onustus auro posset ascendere. Consul autem suscepisse negotium dicitur, et donii divisores lial)ere, quod ego non credo, sed senatusconsulta jam duo facta sunt odiosa, quod in consuleni facta putanlur.... uiium, ut apud magistratus inquirere liceret, alteinim, qui donii divisores hal)erent, adversus rempublicam videri facere. Lurco autem tribunus plebis.... solutus est et ^Elia et Fufia (lege) ut legem de anibilu ferret... Novi est in lege hoc : ut qui nummos in tribus pronuntiavit, si non dederit, impune sit : sin dederit, ut, quoad vivat, sinf^uUs tribubus HS. ccc, debeat.

ensemble le consulat (1), F un mettant son crédit, et l'autre sa fortune au service d'une cause commune; tout ce que put faire le parti oppose qui portait BibuluSy fiit d'attaquer César par les moyens mêmes qu'il employait, et de combattre la corruption par la corruption. Caton lui-même fut forcé de reconnaître que le salut de la république légitimait de pareils moyens.

Un État descendu à ce point de dégradation ne pouvait plus se maintenir. Dans une société ainsi avip lie, corrompue, il n'y avait plus de place pour la liberté j Rome flétrie était à la merci du premier ambitieux qui oserait porter sur elle ses mains violentes, et de Catilina à César, il n'y eut de différence que le succès.

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