‹ Essai sur les lois criminelles des Romains concernant la responsabilité des magistratsChapitre 5 sur 73 · XXII · texte numérisé non relu

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suite de dissertations, m'a fait sacrifier quelquefois aux opinions d' autrui, ne voulant pas égarer le lecteur dans des discussions sans intérêt. C'est ainsi que j'ai admis sans difficulté que la table de bronze , à laquelle Sigonius a donné le nom de lex Servilia, fut la loi Servilia même , quoique ce monument puisse tout aussi bien être la lex Acilia , et peut-être même la lex Sempronia, car rien ne prouve que la loi de Gains Gracchus ne fut pas une lex repetundarum , et tout ce qui résulte du monument restauré par Sigonius et Klenze, c'est qu'il est postérieur aux lois Calpurnia et Julia. Je n'ai pas voulu non plus discuter le système de Klenze sur la prétendue lex Acilia qu'il a cru reconnaître dans la table de Bantium ; dans un champ d'hypothèses aussi vaste, toute discussion ne peut aboutir qu'à montrer l'esprit de l'auteur, mais sans espoir d'atteindre la vérité 'j dès lors , je me suis al^stenu , aimant mieux douter à propos qu'augmenter le nombre déjà infini des faiseurs de conjectures ; fidèle à un vieux proverbe espagnol, que les érudits devraient prendre quelquefois pour devise : De las cosas mas seguras, la mas segura es dudar.

Au sujet de la constitution romaine , j'ai avancé une opinion sur laquelle j'appelle l'attention du lecteur, car je la crois aussi féconde en lumières que noijvelle; c'est que toute l'administration reposait sur un principe unique , et différent de tout ce que nous avons imaginé dans les constitutions modernes ; des magistratures absolues s^ équilibrant et se limitant par concours. Ce principe , s'il est vrai , donne la clef d'une organisation qui , jusqu'à ce jour, a

— * xxin — * été une énigme véritable; il explique en même temps le développement exagéré de la puissance proconsulaire dans les provinces, et donne le secret de la puissance impériale , qui tourna au despotisme dès le premier jour. Mon livre n^ eût-il mis que cette vérité en pleine lumière, je ne regretterais pas la peine qu'il m'a coûtée.

Je ne finirai pas sans remercier l'Académie de l'indulgence extrême avec laquelle, pour la seconde fois, elle a accueilli mes travaux; son suffrage est la plus douce et la plus glorieuse récompense que je puisse ambitionner. Je ne forme plus qu'un seul vœu; c'est que le public, me tenant compte de mes efforts plus que du résultat, daigne se montrer aussi bienveillant pour moi que la savante compagnie à laquelle je dois mes succès les plus chers.

Paris, 30 octobre 1844.

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