Enfin, les lésions du nerf acoustique
and elles ne sont pas considérables, produisent aussi le bourdonnement, J'en donne des exemples à la sixième settion.
‘Le bourdonnement faux attaque de préférence les personnes dont les nerfs sont très mobiles. Il est communément produit par les bruits violens et très long-temps prolongés, tels que le son des cloches, la détonnation des fortes pièces d’artil: lerie; « ou bien, dit M. Itard, lorsque des bruits, « sans être violens, ont laissé, par les circons- «.tances dont ils ont été accompagnés, une pro- « fonde impression dans l'ame (1). »
Le bourdonnement qui naît de pareilles causes est idiopathique. IT sera symptomatique s’il dépend,1.° de différentes maladiestellesque l'hystérie, l'hypocondrie, les convulsions, les aliénations mentales ; 2.° des embarras gastriques, des vers, de la turgescence bilieuse ; 3.9 de la cachexie produite par les grandes hémorrhagies.
A quels signes reconnaïîtra-t-on ces bourdonnemens ? Il nous semble qu'à l’aide des données suivantes, on peut les distinguer de manière que l'un ne soit pas confondu avec l'autre, par exermple: r.°sile bourdonnement vient par gradation
(1) Dictionnaire des Sciences médicales , t, JIr.
ét sahs cause manifeste ; 2.° s'il dépend de a pléthore cérébrale (ce qui se cofinaîtra par la pesanteur de la tête, la face colorée) , les vaisseaux de cette partie et ceux des tempes seront engorgés; 3.0 s'il est la suite de quelque maladie de l'oreille, de la trompe d'Eustache ; 4.° si une fièvre adynamique ou ataxique lui a donné lieu, on sera sûr que ce bourdonnement est vrai. Mais le bourdonnement est tantôt la cause, et, plus souvent encore , le sÿmptôme de la surdité ; c’est ce qu'il importe de ne pas confondre.
M. Itard me paraït avoir bien distingué le boutdonnement idiopathique, du symptomatique. « Voici , dit-il, à quels signes je reconnais « son caractère idiopathique : La surdité dimi- « nue et augmente avec lui; s'il a quelque in- « termittence , l’ouïe se rétablit aussitôt. La sur- « dité qui a pour cause le bourdonnement , pré- « sente encore cette particularité qu'elle ne trou- « ble point, au moins dans le commencement, « la perception des sons ou des bruits, quelque « faibles où quelque éloignés qu'ils soient ; & mais qu'elle nuit seulement à l'audition de la « paroleet du son qui, émis en même temps que « d'autres, se trouverit en quelque sorte mélés « et croisés comme dans une conversation gé-
« nérale, ou dans le chant avec accompagne- « ment (1). »
(1) Ouvrage cité.
Les signes qui caractérisent le bourdonnement faux se tirent des causes qui le produisent ; et ces causes le font distinguer en deux espèces : l'idiopathique et le symptomatique. 1.° Si le bourdonnement attaque des personnes éminemmentnerveuses, sans qu'aucune autre cause y ait concouru ; 2.9s'il vientaprèsavoirété précédé par des bruits considérables et long-temps soutenus, tels que le son des cloches et ladétonation de l’artillcrie ; 5.9 s’il est la suite d’une frayeur occasionnée par un bruit extraordinaire, quoique peu considérable comme celui qui réveilla en sursaut la mère de cet enfant dont le lit était devenu la proie des flammes (1), le bourdonnement faux qu'une de ces causes aura produit, sera idiopathique.
Mais il sera symptomatique, s'il procède de l'hystérie, de l'hypocondrie, de la manie, des convulsions , d’un amas de vers dans l'estomac ou les intestins ; s'il se manifeste à la suite de grandes hémorrhagies, de vives affections de l'ame ,- EtG:netC,
TRAITEMENT. Il ne faut pas perdre de vueles causes de cette indisposition , quelle que soit son espèce. Si le bourdonnement est vrai et qu'il dépende. de la pléthore générale, les saignées du bras ou du pied, réitérées selon les occurrences ;
(1) Ouvrage cité.
les pédiluves matin et soir; les lavemens émolliens et nitrés ; les boissons tempérantes, comme l'eau de poulet , le petit-lait nitré, et le régime végétal, triompheront de cette cause de bourdonnement. ti
Si le bourdonnement tient à une pléthore locale , on ouvrira la jugulaire, ou l’on appliquera des sangsues au cou, aux tempes ; puis on en viendra aux lotions froides sur la tête , telles que l'eau fraîche et la glace.
Il n'y a que des palliatifs à employer, si une artériole dilatée cause le bourdonnement. Interdire , 1.° tout exercice violent, tel que l'équitation, les courses à pied ; 2.° le chant, la déclamation, les instrumens à vent ; 3.° l'usage des liqueurs spiritueuses ; enun mot, tout cequi peut accélérer la circulation du sang dans les vaisseaux de la tête.
Cette indisposition dépend-elle d'un dieu dans les cavités de la trompe d'Eustache, de la caisse du tambour , les injections portées dans la trompe, en délayant et en traînant les matières, détruiront cet embarras et feront cesser le bourdonnement.
A la suite d’une Étsré adynamique, ataxique, d'un catarrhe de l'oreille interne , il reste un bourdonnement plus ou moins considérable. Les douches tièdes d’eau minérale de Balarue, de Baréges, d'Aix en Savoie, l'eau éthérée , portées
dans l'intérieur de l'oreille, sous forme d’injection, auront le plus grand succès. J'en ai cité plusieurs exemples dans la deuxième section.
Dans le bourdonnement faux dont la cause est une maladie nerveuse, telle que l'hystérie , l'hypocondrie, « il faut, dit M. Itard, recourir aux « remèdes généraux, et faire dépendre sa cura- « tion de celle de la névrose; même conduite dans « le cas où il reconnaît pour cause un embarras « gastrique, une débilité générale à la suite d'hé- « morrhagies ou par l'effet d'une cachexie scorbu- # tique (1).»
Mais dans un grand nombre de cas, il faut Favouer , le bourdonnement survient , augmente et persiste sans qu'on puisse en pénétrer lacause, ni en saisir la véritable indication. Dans ces cas , on a essayé une foule de remèdes, presque toujours sans succés , tels que la fumée de tabac insufilée dans l'oreille, ou aspirée par la bouche et refoulée vers les trompes, le trèfle d'eau sec, et employéede la même manière, etc.
() Ouvrage cité,
LISIITIVITII VIS LLISILELLILILYIVLELLADITSILIVILULELILSILVITIAILS LR) 2222
Serctton troisième,