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De l'endurcissement de la membrane du LyYnpart.
Il arrive quelquefois que cette membrane s'endurcit (1), devient cartilagineuse, osseuse (2).
Ces affections peuvent dépendre : 1.° de l'inflammation (5); 2.° dela tuméfaction des glandes de cette cloison, accident que Bartholin dit être assez ordinaire aux ascitiques ; 5.° du virus vénérien ; 4.° de l'abus des liqueurs spiritueuses , comme l’a observé Hoffmann ; 5.2 enfin de la vieillesse. |
On reconnaitra l’endurcissement de cette cloison aux sigles SUIVANS :
1.9 À Ja surdité plus ou moins profonde ; 2.9 au peu de sensibilité de cette membrane, lorsqu'elle n’est qu'endureie ; mais si elle est cartilagineuse ou ossifiée, elle est tout-à-fait insensible au contact de la sonde; 3.9 au défaut d’élasticité et à la résistance qu'elle oppose à la sonde, ct,
(1) Duverney, Traité de l’organe de l’ouïe , p. 176.
(2) Losecke, Obs. anat. chirurg., méd., p. 24, 25.
(5) On sait que les membranes qui ont été longtemps enflammées conservent, après la résolution de linflammation , beaucoup plus d'épaisseur quelles n'en avaient auparavant. La membrane du tympan peut s’épaissir de la même manière.
5& si elle est ossifiée, au son qu'elle rend lorsqu'on la percute avec cet instrument; 4.° Sauvages (1) dit que, si l'endurcissement du tympan procède du virus vénérien , le pavillon de l'oreille est couvert d'écailles qui se détachent facilement, et l'organe reste rouge.
Ce signe me paraît bien équivoque : car si la maladie avait pour cause le vice dartreux, le même phénomène se présenterait avec plus d'intensité.
Je me rappelle, à ce sujet, que, lorsque j'étais chirurgien ordinaire de l'Hôtel - Dieu de Lyon, j'ai eu occasion de voir plusieurs dartreux, dont quelques-uns étaient couverts d'une dartre universelle ; les ongles des mains et des pieds étaient épais, durs et d’un blanc sale; le pavillon de l'oreille était rouge, écailleux, et l'ouïe dure.
Si la maladie qui nous occupe n'est pas beaucoup avancée , ce que l'on connaîtra à la sensibilité dont la membrane sera encore susceptible, et à l'audition dont l'organe ne sera pas tout-à-fait privé; si donc les choses sont en cet état, et que la cause de l'endurcissement dépende du virus vénérien, par exemple, on traitera la siphilis, et en méme temps on ne perdra pas de vue la maladie locale. On appliquera et on lais-
(1) Nosologie, tom. 2, in-8.
sera un certain temps un vésicatoire au bras, du côté de l'oreille malade, et, si le cas l'exige, on Jui substituera un cautère ; comme aussi on pourrait faire, avec succes, des injections dans le conduit auditif externe , avec l'infusion de fleurs de violettes, de mauve ou de guimauve, dans laquelle on mélerait quelques gouttes de la liqueur de van Swieten.
Si la tuméfaction des glandes de la membrane du tympan est la cause de cet endurcissement, et qu'elle soit le produit d’un vice strumeux, ou de l'hydropisie ascite, dans l'un et l’autre cas, outre qu'il convient de combattre la maladie principale, on établira un cautère au bras du côté de l'oreille malade. Dans le premier cas, on pourrait faire , dans le conduit auditif externe, des injections d'eau tiède à laquelle on ajouterait quelques gouttes d'ammoniaque. Ces injections stimuleraient doucement les glandes, et solliciteraient leur dégorgement.
Lorsque la membrane du tambour est parvenue à un certain degré d'épaisseur, et, surtout, si elle est ossifiée, tous les remèdes internes et les topiques sont inutiles : les premiers pourront bien détruire la cause, mais l'effet restera. C’est ce qui a fait dire à M. Leschevin (1) que, si
(1) Prix de l’Acad, rov. de Chirurg., tom. 1. in-4 = . ” 1.7re partie.
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l'épaississement est devenu assez considérable pour intercepter les rayons sonores, l'art ne peut point réparer ce défaut. M. Portal est à peu près du même avis; il dit : « Si l'épaississement de « Ja membrane est considérable, cette surdité « est aussi incurable que celle des vieillards ; » mais 1l ajoute : « Il reste à savoir s'il ne serait « pas permis de faire une petite ouverture (1). »
Ainsi, ce célèbre professeur a pressenti le succès qu'aurait un jour la perforation de la membrane du tympan, dans certains cas de surdité ; elle convient, exclusivement à tout autre moyen, dans le cas où il l'a proposée, pourvu toutefois que l'endurcissement ou l'ossification ne viennent pas du progrès de l’âge.
L'idée de percer la membrane du tympan, pour rendre l'ouïe aux sourds, a élé concue par le célèbre Cheselden. Nous venons de dire que M. le professeur Portal a proposé la même opération il y a plus de quarante ans (2).
(1) Précis de chirurg. pratique , tom. 2, pag. 480.
(2) Il n’est peut-être pas hors de propos de rappeler ici que, pour que l’ouïe soit parfaite, et que la membrane du tympan puisse exécuter librement et nettement ses fonctions, il faut qu’elle soit constamment placée entre deux colonnes d'air en équilibre avec l'atmosphère, et l’une et l’autre y communiquant librement. C’est, dans l’état naturel, ce qui arrive au moyen de la trompe d’Eustache d’une part, et du conduit auditif de l’autre. Si, par quelque accident,
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M. Cooper, médecin anglais, paraît être le premier qui ait pratiqué l'opération proposée par les deux savans que nous venons de citer. Après M. Cooper, plusieurs médecins francais et allemands ont mis ce moyen en usage; parmi les premiers on distingue MM. Celliez, Maunoir et Itard : ce dernier y a ajouté, avec avantage, les injections qu'il porte dans l'intérieur de l'oreille, à la faveur de l'ouverture artificielle pratiquée à la membrane du tympan.
M. Cooper conseille la perforation de cette membrane, dans le cas où la trompe d'Eustache est obstruée ou imperfcrée, afin d'assurer une communication du tambour avec l'air atmosphérique, et par là rétablir les vibrations de la membrane de la fenêtre ronde et le jeu de l’étrier, dont la base couvre la fenêtre ovale.
la trompe d’Eustache vient à être oblitérée ou seulement obstruée, l’air contenu dans la caisse du tambour perd sa propriété élastique et sa qualité vitale ; qualités sans lesquelles ce fluide ne peut être en équilibre avec l’air atmosphérique , comme il lPétait avant l’accident. Dans ce cas, il faut ramener l’équilibre dans ces deux colonnes d’air, en rétablissant les trompes d'Eustache dans leurs fonctions, ce que , jusqu’à présent, on à regardé comme très difficile et même impossible. De là est venue, sans doute, l’idée d'ouvrir une communication à l'air contenu dans la caisse du tambour avec l’air extérieur qui remplit le canal auditif externe, au moyen de la perforation de la membrane du tympan.
L'opération de M. Cooper consiste à introduire dans le conduit auditif externe un petit trocart renfermé dans une canule. L’extrémité de cette canule étant en contact avec la membrane du tympan, on pousse le trocart. Cet instrument doit être ajusté de manière à ne pouvoir dépasser la canule que d’une ligne et demie au plus. « Le lieu le plus convenable pour la perforation «est, dit M. Cooper, à la partie antérieure et in- « férieure de lamembrane, au dessous du manche « du marteau qu'il importe de ne pas toucher.
« Quoique la membrane du tympan soit vas- « culaire, ajoute l’auteur, les vaisseaux en sont « si petits qu'ils ne donnent que bien peu de « sang ; si l'on voit qu'il en sorte une certaine « quantité, on peut conclure que l'opération « est mal faite (1). »
M. Cooper rapporte quatre faits dans lesquels son opération a été suivie de succès ; parmi ces faits il y en a un ( le 3.°) dont le sujet était un jeune homme de dix-sept ans, sourd -muet dé naissance. M. Cooper reconnut qu'il y avait chez ce jeune homme une défectuosité de la gorge, qui le rendait incapable de se moucher et de pousser l'air vers les oreilles, les trompes d'Eustache n'ayant point d'orifice au dedans de
la bouche (2).
(1) Biblioth. Germ. , tom. vIIt, pag. 400 et 4or. (2) Il'eût été à désirer que M. Cooper eût dit comment il s'était assuré de ce fait. |
Je n'examinerai pas ici jusqu'à quel point la théorie de l’auteur est fondée ; mais il importe de fixer l'attention sur l'opération elle-même et ses résultats.
1.° L'opération proposée par M. Cooper, estelle toujours praticable ?