‹ Essai sur les maladies du cœur chez les enfantsChapitre 12 sur 23 · LÉSIONS DES ORIFICES ET DES VALVULES · texte numérisé non relu

LÉSIONS DES ORIFICES ET DES VALVULES

Les lésions des orifices du cœur sont, en général, la conséquence plus .ou moins immédiate d'endocardites aiguës passant à l'état chronique, et se localisant sur les valvules. Elles ont une grande importance, car c'est à leur suite que les hypertrophies, les dilatations, les dégénérescences du cœur se produisent, par une série de processus organopathologiques qui ne diffèrent que peu de ce qu'on observe chez l'adulte.

Comme chez l'adulte, les orifices auriculo-ventriculaires ou les orifices artériels peuvent être atteints; leurs lésions ont les mêmes signes stéthoscopiques et les mêmes manifestations-, il est pourtant quelques points importants à noter, soit quant à la fréquence relative de ces altérations par rapport au siège qu'elles occupent, soit quant aux manifestations qu'elles entraînent, et surtout à leur mode de terminaison.

En effet, les affections mitrales sont plus fréquentes que les affections aortiques ; mais, parmi les premières, l'insuffisance mitrale qui se rencontre souvent chez l'adulte se voit

encore plus souvent chez L'enfant. D'un autre côté, l'insuffisance aortiquc est certainement encore plus rare dans la première période de la vie que dans l'âge mûr.

Une des preuves à l'appui de cette assertion est bien évidemment la rareté excessive des plaques athéromateuses et calcaires venant se déposer sur les valvules et les parois do l'aorte.

Cependant, si les lésions athéromateuses sont rares, on rencontre assez souvent, chez l'enfant, des productions kystiques mamelonnées ou polypiformes. Elles peuvent, il est vrai, persister assez longtemps sans donner lieu à des troubles sérieux; mais si, par une cause quelconque, un travail morbide se fait sur leurs points d'implantation, elles peuvent acquérir un volume assez considérable pour entraver le jeu des valvules.

Quant aux signes des affections des orifices, nous n'avons rien de spécial à noter pour les phénomènes locaux; mais,

TOUTES PROPORTIONS GARDÉES, LA. GRAVITÉ DES PHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX N'EST PAS EN RAPPORT AVEC CELLE DES SYMPTÔMES

locaux, si ce n'est au moment où surviennent l'asystolie et la cachexie cardiaque. Il est aussi à remarquer que ces lésions d'oriiice s'établissent, non pas tout d'un coup, mais par poussées successives, dans l'intervalle desquelles les enfants recouvrent une santé en apparence parfaite, et ne sont qu'exceptionnellement sujets aux accidents dépendant de leur affection du cœur.

Nous n'ayons rien à dire de particulier au sujet de la coïncidence de ces affections d'orifice entre elles. Comme chez l'adulte, l'insuffisance et le rétrécissement s'appellent l'un l'autre, et dans nos autopsies nous les trouvons le plus souvent réunis.

Quant au pronostic, il est évidemment encore plus §érieux

pour ces sortes d'affections organiques que pour l'endocardite aiguë.

Cependant, nous avons la conviction intime qu'il doit bien souvent être réservé, non pas au point de vue de la curabilité absolue, mais tout au moins pour la durée, et si l'on peut dire la tolérance des jeunes malades.

Nous donnerons même une observation de guérison complète d'insuffisance mitralecbez un enfant de huit ans.

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