‹ Essai sur les maladies du cœur chez les enfantsChapitre 16 sur 23 · ALTERATION NUTRITIVE DE CAUSE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

ALTERATION NUTRITIVE DE CAUSE GÉNÉRALE

Observation XXXIX.

Myocardiie à la suite d'une fièvre grave. — Typhus. (Extraite des Prager Viretel jahrsckr., Wll, 1856.)

Dans cette observation, il s'agit d'une jeune fille âgée de onze ans, qui, atteinte de typhus, mourut au milieu de convulsions, de délire,

Altération vasculaire.

- A l'autopsie, on trouve des ecchymoses dans les poumons, dans les plèvres ; la muqueuse intestinale était seulement injectée ; les glandes mésentériques tuméfiées.

Le cœur offrit tous les signes anatomiques d'une inflammation de la substance musculaire, et présente en outre, comme le poumon, des ecchymoses.

Pendant la vie, l'auscultation n'avait rien laissé constater, le pouls seul était un peu ralenti, 96 à 100 par minute.

Ces ecchymoses se trouvaient non-seulement sous le péricarde, mais encore dans l'épaisseur de la substance musculaire; la substance musculaire était en outre le siège d'un processus inflammatoire.

Voici un autre fait de myocardite suppuréeàla suite d'une infection purulente.

La rareté de la pyhémie chez les enfants et des dépôts purulents secondaires dans l'épaisseur des parois du cœur donne un grand intérêt au fait suivant :

Observation XL.

Abcès secondaires dans les parois du cœur. (Par le docteur Culler) (1).

John B..., âgé de cinq ans, fut admis à l'hôpital Saint-Georges, le 3 mai 1 858. 11 portait une maladie très-étendue du calcanéum du pied droit et était dans un état très-grave ; le lendemain, il mourut avec tous les symptômes de l'infection purulente.

A l'autopsie, on trouva une large plaie gangreneuse à la face externe du talon; il existait un petit abcès sous le périoste de l'os frontal; les os du crâne étaient sains; les veines du diploé étaient dilatées; les ventricules du cerveau étaient remplis de liquide; il y avait un petit abcès à la partie antérieure de la seconde côte droite qui était érodée ; ce foyer purulent comprimait la plèvre, mais celle-ci n'était pas ouverte. Vers la partie inférieure de la plèvre gauche, en arrière, il y avait des adhérences, encore assez molles.

Le tissu des deux poumons contenait de nombreux abcès secon-

(1) Union médicale, 1858, page 576.

flaires; quelques-uns de ces petits abcès, situés sous la plèvre, à la circonférence des poumons, étaient déjà suppures et leurs parois semblaient se gangrener; le péricarde renfermait une cciiaiiic quantité de liquide séro-purulent et il y avait à la surface du cœur un dépôt considérable de lymplie. Dans l'épaisseur de la paroi du ventricule gauche, il y avait une cavité comme gangreneuse remplie de sang décomposé et s'ouvranl dans le péricarde, juste au-dessous du sillon auricuio-venlriculaire; la cavité du cœur ne présentait aucun orifice correspondant à l'excavation que l'on trouvait sur la paroi externe; mais il y avait en ce point un bouquet de végétations fibrineuses légèrement infiltrées de sang.

Observation XLI.

Myocardite chez un enfant de neuf ans.

(Par le docteur Emil Gessele.)

Une fille de neuf ans fut atteinte, à la suite d'un refroidissement, le 17 septembre 1853, dans la maison de ses parents, d'accidents de rhumatisme occupant le genou droit. Le premier jour, la petite malade sembla peu souffrir de cette douleur, qui, le soir, avait presque disparu ; le lendemain elle se manifesta de nouveau au genou gauche, et contraignit l'enfant à garder le lit. Un médecin constata l'affection rhumatismale du genou, et un état fébrile général.

Le 19 au matin, la petite malade, qui couchait seule dans une chambre, fut trouvée par ses parents, étendue sur le sol, couverte. uniquement de sa chemise; elle était atteinte d'un délire violent. En présence du médecin, elle recouvra son intelligence; elle accusait une céphalalgie frontale intense; la peau était chaude ; le pouls à 115-120; les battements du cœur étaient normaux ; la tuméfaction du genou avait augmenté; quelques douleurs vagues étaient accusées dans d'autres articulations. Cette petite fille fut alors apportée à l'hôpital des Enfants, de Munich, dans le service du docteur Hauner.

Le soir même, le délire revint; il cessait quand on parlait à l'enfanf, il disparut vers le milieu de la nuit.

Le 20 septembre, nouvelle manifestation du délire; la tuméfaction occupe le genou gauche, le tiers inférieur de la cuisse, la jambe et la face dorsale du pied.

Le traitement consista, comme les jours précédents, en boissons

nitrées et en applications froides sur la tête. Dans la soirée, l'auscultation fît reconnaître, à la région du cœur, un bruit de frottement trèsrnarqué; le pouls battait de 120 à 125 fois par minute; on appliqua huit sangsues et des linges trempés dans l'eau glacée sur la région du cœur ; un frisson général, qui survint au bout d'une heure et demie, força de renoncer aux applications froides.

Le 21, vers une heure du matin, la malade fut prise d'accidents de suffocation qui disparurent rapidement après l'application de sinapismes à la région du cœur et aux membres inférieurs. Dans la matinée le délire persistait; la face était livide, la peau au-dessous delà température normale, l'impulsion de la pointe du cœur faible, les bruits cardiaques moins clairs que les jours précédents ; le pouls était petit, de ÏUO-lkk pulsations par minute; à la région précordiale la percussion donnait une matité étendue.

Mort à trois heures et demie du soir.

A l'ouverture du cadavre, on trouva le cerveau sain, sauf un peu de congestion de ses vaisseaux; rien d'anormal dans les plèvres; les deux poumons étaient engoués ; le gauche présentait dans son lobe inférieur plusieurs petites masses de pneumonie lobulaire.

Le péricarde contenait 6 à 8 onces de sérosité fibrineuse ; ses parois étaient recouvertes de flocons fibrineux en grande abondance. A la surface du ventricule gauche, sous le péricarde viscéral, se rencontraient huit ou dix abcès du volume d'un pois ; quelques-uns s'étendaient jusque dans la cloison interventriculaire. {Journal fuer Kinderkrankheiten, 1854, liv. I, II, p. 25.)

Cette observation de myocardite suppurée est très-remarquable. Le processus inflammatoire qui s'étend du péricarde au tissu musculaire du cœur, aboutit, en effet, très-exceptionnellement à la suppuration, surtout quand la péricardite est de nature rhumatismale, comme dans le cas dont nous nous occupons. La plupart du temps, on trouve la lésion que Virchow a décrite sous le nom de dégénérescence graisseuse aiguë du cœur.

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