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firent cependant faire à l'art de guérir des progrès indiscutables. Malheureusement, par une sorte de fatalité dont nous avons déjà constaté l'influence pendant la période græco-romaine, les maladies du cœur ne subirent point les modifications bienfaisantes que l'on remarqué dans les autres branches de la médecine. Ce fait s'explique, nous semble-t-il, par l’absence de notions physiologiques précises et le manque d’autopsies pouvant révéler les différentes altérations de l'organe. À
Ni Rhazès ni Avicenne ne nous offrent rien d'intéressant; nous avons été plus heureux avec Avenzoar.
Cet auteur a rappelé ce que les anciens avaient déià écrit sur les affections cardiaques ; le chapitre xu de son I* livre est entièrement consacré à ce sujet : « Les maladies du cœur, dit-il, proviennent par altération directe, ou sont le résultat de la maladie d’une autre partie de l'organisme. » Avenzoar, on le voit, admet comme Galien que le cœur est atteint primitivement ou par sympathie, d'où deux genres d’affections différentes. Comme pour Galien encore, la moindre perturbation se produisant en un point quelconque du corps, a son retentissement forcé sur le cœur. Or, l'importance de celui-ci est si grande, que ses maladies entraînent de graves conséquences pour le reste de l'organisme. Le cœur est la partie la plus noble et la plus importante du corps humain, sa cavité principale est le ventricule gauche, que, contrairement à Galien, l'auteur place dans le côté de la poitrine. Les maladies du ventricule gauche sont plus graves que celles
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du ventricule droit, parce que le premier contient beaucoup plus d'esprit vital, il chasse les fuliginosités du sang et les remplace par un air frais et pur. Si donc ses fonctions ne s’accomplissent plus, il s'ensuit que tout l'organisme souffre, surtout le cerveau et le foie.
Après avoir développé ces considérations générales, la plupart empruntées à Galien, Avenzoar entre dans quelques détails qui ont, en grande partie, la même origine. Il a cependant certaines remarques personnelles. ir
Cette partie de l'ouvrage est divisée en une série de chapitres, au nombre de six (1), qui sont tous très courts (leur ensemble, dans l'incunable in-folio de la bibliothèque de la Faculté, ne constitue pas plus d’une page et demie).
Le premier chapitre est consacré aux tremblements du cœur. Ces tremblements ou palpitations sont analogues à ceux qui surviennent dans les autres parties du corps, et qui sont dus à l'action de vapeurs âcres sur les muscles de la région. Pour le cœur on peut encore invoquer la réplétion de l'organe. L'auteur a grande confiance dans la saignée pour faire disparaitre ces accidents, il recommande aussi les évacuants, le basilic, etc.
Le second chapitre traite du #al cardiaque, Avenzoar incrimine directement le cœur. Les émotions
(1) En faisant abstraction du premier chapitre qui contient les généralités.
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morales vives jouent un grandrôle étiologique. Quand la maladie est installée, la chaleur du cœur augmente, et il ne subit plus la réfrigération normale. Le patient éprouve une faiblesse extrême. il ne peut remuer qu'avec peine et beaucoup de fatigue, le moindre effort l’épuise. Il faut user des fortifiants, des aromates à qualités froides, etc.
Les collections aqueuses qui s’amassent dans le péricarde, font l'objet du chapitre suivant. L'humeur qu'on retrouve dans la séreuse est comparée à de l'urine, comparaison qui se trouve aussi dans Galien. Le malade est frappé de consomption qui tourne à la phthisie.
Dans le chapitre IV, l'auteur rappelle brièvement que certains médecins ont trouvé dans le péricarde des dépôts comme carlilagineux. Aucun traitement n'est indiqué pour cette affection.
Le chapitre V a trait à l'érysipele du cœur; c'est une maladie essentiellement desséchante, et qui s'accompagne de fièvre. Aussi faut-il avoir recours ‘aux médicaments humides et froids.
Dans le dernier chapitre, Avenzoar ne fait qu'émettre la possibilité d'un abces du cœur et immédiatement après indique le traitement à suivre. Celui-ci ne présente rien d'intéressant.
Moyen âge. — Les médecins de la première période du moyen âge se sont, en général, contentés soit des œuvres anciennes, soit de petites encyclopédies résumées, composées d'après Galien ou d'après les métho-
— 38 — | distes. Daremberg en a retrouvé quelques exemplaires plus où moins mutilés. Les malheurs des temps et une profonde ignorance avaient complètement enrayé les progrès des études médicales.
Cependant, peu après la mort de Charlemagneil se fonda à Salerne une école de médecine qui devait plus tard jouir d'une immense célébrité. Les deux premiers siècles de cette école nous sont complètement inconnus ; les recherches de Renzi, qui a si bien étudié les médecins salernitains, sont restées stériles sur ce point, Ce nest qu'à partir de Constantin l'Africain que l'histoire de l'école commence à s'éclaircir, elle donne alors une sèrie de travaux, mais toutes ces œuvres sont servilement copiées sur les Arabes. On ne découvre rien d'original à y relever.
Il en est de mème pour l'êcole de Montpellier, on y trouve les ouvrages de Gordon, de Valescus de Tarenta (Portugal), mais ce sont des imitations de Rhaæs, d'Avicenne où d'Avenzoar. Ils reproduisent les travaux des anciens, mais seulement par l'intermédiaire des Arabes et avec leurs idées.
Il faut attendre la renaissance pour voir elque ehose s'ajouter aux connaissances acquises depuis longtemps.