‹ Essai sur les maladies du cœur depuis Érasistrate jusqu'à SénacChapitre 14 sur 22 · ACER TE · texte numérisé non relu

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paire vague et un autre rameau destiné à la partie postérieure du cœur. Le plexus cardiaque, d'après Willis, possède des ganglions. Les figures accompagnant le texte sont fort obscures et indiquent mal ce que l’auteur a décrit.

Lower, élève de Willis, présente le plexus comme une sorte de ganglion émettant trois branches, qui passent entre l'aorte et l'artère pulmonaire pour se: répandre ensuite sous forme de houppes dans le cœur.

[l\ semble que Lower et Willis ont confondu le plexus cardiaque avec d'autres nerfs qui vont au cœur, au poumon, à l'œsophage, etc... Quoi qu'il en soit, les

. anatomistes n'étaient point d'accord sur la question, et beaucoup suivaient encore l'opinion de Riolan, un peu antérieur aux deux auteurs anglais. Or Riolan avouait n'avoir jamais pu trouver les nerfs du cœur.

Vieussens a bien étudié ces nerfs, loin de les trouver peu abondants, il insiste, au contraire, sur leur grand nombre : « Je dirai en passant que, si les médecins qui croient que le cœur n’est pourvu que d'une petite quantité de nerfs, veulent se convaincre de leur erreur, ils n'ont qu'à tenir dans l'eau un cœur d'homme, de veau ou de mouton pendant cinq ou six heures, car ils verront en examinant le dehors de ce viscère qu'il est couvert, depuis sa base jusqu'à sa pointe, d'un très grand nombre de filaments nerveux, qui, en s'entrelaçant et s'unissant ensemble, forment de petits réseaux en quelques endroits de sa surface extérieure, et singulièrement auprès de sa base. » Vieussens a vu juste en faisant suivre aux nerfs les

TR artères qui vont dans le cœur, mais il a beaucoup exagéré les effets, chez le chien, de la section des deux premiers intercostaux, qu'il regarde à tort comme la source principale des nerfs cardiaques. Le reste est à peu près comme dans Fallope.

Lancisi, après de nombreuses recherches, arriva, comme Willis, à cette conclusion, que. l’origine, le trajet et les branches des nerfs du cœur sont variables, suivant les sujets.

Lieutaud crut par ses dissections avoir surmonté facilement les difficultés qui arrêtaient ses devanciers. Il prescrit de dégager d’abord le tronc de l'intercostal et celui du phrénique, « le plexus cardiaque, dit-il, est formé par la paire vague et l’intercostal. En avant, les filets passent sous l'artère sous-clavière, entre ce vaisseau et la trachée, puis ils se placent derrière l'aorte et forment ensuite une partie du plexus cardiaque ; à gauche, ils passent sous la crosse de l'aorte et s’anastomosent ensemble dans la concavité qu'elle circonscrit. »

Quoi qu'il en soit de toutes ces incertitudes, et malgré les erreurs qu'on retrouve jusque dans la description, assez exacte cependant, de Sénac, nous ne devons pas moins constater l'importance des découvertes faites dans la névrologie du cœur. Grâce à elles, le système nerveux acquiert une plus grande importance, et il est plus facile de s'expliquer les sympathies des organes entre eux: Lancisi et Sénac en tirèrent un grand parti, principalement pour expliquer les palpitations.

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Comme on le voit, on est arrivé à une connaissance assez exacte de la direction du cœur, de sa forme, de sa conformation intérieure et de ses nerfs. Mais si l’anatomie a fait des progrès, ceux de la physiologie ont été encore plus sensibles. Ici, d’ailleurs, plus qu'en anatomie, tout ou presque tout était à faire. Nous ne ferons point l'historique de la circulation du sang et des recherches de Harvey, elles sont présentes à toutes les mémoires. Même après sa découverte il restait encore beaucoup à faire ; comment, en effet, comprendre le passage du sang des artères dans les veines ? Galien, -nous l'avons dit, avait déjà vu cette communication : quand, dit-1l, on vide une artère, les veines correspondantes n'ont plus de sang. Il les appelait « passages, embouchures, anastomoses » mais n’en connaissait point la nature. Riolan admit que les artères pouvaient se jeter directement dans les veines. Harvey hésita pour savoir si les artères communiquent avec les veines au moyen d'un vaisseau intermédiaire, ou si le sang passe de l'une à l’autre par les pores de la chair comme l’eau entre les aréoles d'une éponge. C'est Malpighi qui découvrit les capillaires au moyen du microscope; ses recherches furent confirmées par celles de Leuwenhoeck.

Le fonctionnement des valvules du cœur, les temps, le rythme, le moment de la contraction des différentes cavités offraient bien des incertitudes qu'on n'avait pu résoudre. D'autre part, Descartes avait commis de graves erreurs sur la circulation tout en en soutenant l'existence. Il attribuait à l'explosion du sang les

AE AE mouvements du cœur, et pensait qu'il en sort pendant la diastole. Harvey avait soutenu le contraire. Par ses travaux, Lower contribua beaucoup à renverser Ja théorie de Descartes.

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