PALPITATIONS
Sénac est assez embarrassé pour donner une définition exacte des palpitations .et cette confusion dans laquelle 1l se débat, plus d'un en a souffert après lui. Il reconnait que la rapidité des mouvements du cœur ne saurait être prise comme unique criterium : elle existe, en effet, dans les fièvres, sans que pour cela il y ait des palpitations. :1l :5se tire plus:ou moins d'affaire en disant :: :« Qn entend donc, en général, par palpitations des battements, vifs et déréglés qui agitent le cœur, formentiune:maladie particulière produisant divers .accidents, etc... » Il n'a ‘pas encore établi les deux grandes:classes de palpitations. palpitations organiques et palpitations :sans :lésion';
| AUS mais il reconnait la multiplicité des agents étiologiques. Comme il le fait remarquer, cette multiplicité et le caractère souvent peu apparent de la cause rend le mé-
canisme véritable de cet accident assez difficile à trouvers
Il entre dans des explications tirées de la forme et de la direction de l'aorte et de l'artère pulmonaire « comme elles sont courbes ou inclinées dans leur tronc, et qu'elles se remplissent subitement, elles tendent à se redresser et à jeter le cœur contre les côtes. » Suivant lui, les causes particulières les plus prochaines des palpitations sont dans le cœur et dans les vaisseaux : ossification des artères, des valvules cardiaques, dilatation des ventricules ; ce dernier facteur, dit-il, entre souvent en jeu. Les polypes du cœur ont été accusés souvent sans raison, ils ont, cependant, quelque influence. Enfin, il ne faut pas oublier non plus l’action défavorable que peuvent exercer les affections du péricarde, principalement quand il existe ce que nous appelons maintenant symphyse cardiaque.
Sénac incrimine ensuite, comme causant des palpitations, les poumons, le cerveau; à propos de ce dernier, il rappelle l'influence bien connue des violentes émotions morales qui avait été niée par Hoffman : « alors les nerfs agissent avec force sur le cœur et troublent l'ordre de ses mouvements. » Les nerfs peuvent être regardés comme l'une des causes les plus fréquentes des palpitations, sans qu'il soit besoin pour cela que le cerveau soit malade. Il rappelle que les nerfs associent dans une étroite sympathie les divers viscères entre eux.
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Enfin, il accuse l'estomac, et cela avec raison, comme l'ont démontré des travaux récents, notamment ceux du professeur Potain. [l dénonce sa dilatation, sa plénitude excessive, ou au contraire sa vacuité, les flatuosités, etc... Les lésions intestinales joueraient aussi un certain rôle, principalement les hémorrhoïdes. Le foie, « quiest un ressort de la machine animale », peut, sans doute, exciter des palpitations ; les reins et la rate peuvent être cités au même titre. Pour ce qui est de l'utérus, les gynécologues actuels donneraient raison à Sénac : « L’utérus est une des causes qui portent les plus grands troubles dans cet organe (le cœur) ; il est agité, comme nousl'avons dit, par la suppression des règles, par leur retard ou par leur écoulement trop abondant. Cette agitation est surtout familière à la. fin des grossesses. »
L'auteur énumère ensuite des causes plus générales : affections hypocondriaques, goutte, épilepsie, affections dartreuses qui rentrent et peuvent amener ainsi un affolement du cœur.
Comme causes mécaniques il invoque le surmenage, un corset irop serré, les exercices violents surtout chez les personnes débiles et principalement, ditil, chez les vieillards. Sur ce point Sénac ne se trompe pas, l'appareil cardio-vasculaire subissant avec l’âge des modifications notables.
En résumé l'étiologie des palpitations est fort remarquable, et les recherches modernes n’ont fait que confirmer les excellentes choses qu'elle contient.
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pie Tremblement. — Aux palpitations se rattache le tremblement. Sous ce nom Sénac comprend « des contractions faibles, petites, irrégulières et fréquentes ; ce sont des espèces de frémissements dans les parois du cœur, des vibrations insensibles. » Ces phénomènes sont de ceux que nous rangeons aujourd’hui dans l'arythmie, la parésie et les faux pas du cœur.
Complications. — Les palpitations amènent des maux de tête, des insomnies, des éblouissements, des vertiges. Les forces s'anéantissent quand les palpitations sont violentes et persistantes; le malade ressent au niveau de la région précordiale de la douleur et une sensation de constriction, il étouffe.
Pronostic. — Il faut, cependant, dit Sénac, être réservé sur le pronostic : chez beaucoup de malades les palpitations n'entrainent aucunes conséquences facheuses, tout dépend de la cause. Le mal est grave s'il existe une lésion cardiaque, /éger au contraire, s'il s'agit, par exemple, d'une hypocondrie.
Traitement. — « La longue durée des palpitations, dit-il, paraît être un préjugé contre les remèdes, mais c'est sans raison qu'on les néglige en bien des cas. » Il signale une guérison, chez une jeune fille, par les eaux ferrugineuses. [Il regarde la saignée « comme le remède le plus efficace dans les accès de palpitations ». Il 11 faisait suivre de l'administration d'un purgatif.
Enfin il ne négligeait pas les calmants et les cor-
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diaux (opium, toniques). Comme remède! externe on peut employer les ventouses « loco dolenti» ; on pourra aussi essayer, quand cela sera possible, d'instituer un traitement étiologique.