SA IE ER ENS AP = FAT MALTE
RS EEE
dispositions quelque peu contraires à celles des autres parties de l'animal et il en est de même de l'aspect du corps de l'organe.
Afin donc qu'il soit abondamment fourni d'une pareille nourriture, le poumon la reçoit du cœur, vu que, dans cet organe, le sang est élaboré et atténué avec soin.
L'os qu'on trouve à la tête (base) du cœur, n'est
pas, chez tous les animaux, un os parfait, mais (dans les petits animaux, il est légèrement cartilagineux), dans les animaux plus grands, c'est un cartilage parfait ; dans les animaux d'une grandeur assez considérable, c'est un cartilage osseux, et dans les animaux très grands, Sa majeure partie est osseuse.
- Des artères et des veines cheminent en tous sens autour de la masse du cœur (artères et veines coronaires); mais on n'aperçoit aucune ramification de ner qui se distribue sur cet organe, pas plus que sur le foie, les reins ou la rate ; en effet, il n'y a que l'enveloppe entourant le cœur que l'on voie recevoir des prolongements de nerfs minces. Lorsque le cœur est mis à nu, vous verrez que le ventricule gauche monte jusqu’à l'extrémité de sa pointe, tandis que le ventricule droit cesse beaucoup plus bas, et possède souvent une délimitation propre, surtout chez les grands animaux, mais quelquefois aussi chez les petits. Quelques-uns donc, découvrant que le cœur (de l'animal qu'ils voulaient sacrifier aux dieux) avait deux pointes, croyaient quelquefois qu'il y avait deux cœurs (et par conséquent criaient miracle).
RTE
Nous sommes d'avis qu’il y a en tout dans le cœur quatre orifices (orifice auriculo-ventriculaire droit, ou de la veine cave, pour Galien; or. de l'artère pulmonaire ; or. aorligue. or. auriculo-ventriculaire gauche, que Galien considère comme celui des veines pulmonaires) pour quatre vaisseaux ; car les oreillettes sont situées en dehors des ventricules du Cœur ; mais si quelqu'un considérant les oreillettes comme faisant partie du viscère, augmente encore plus le nombre de ces orifices, il semblera être en désacccord avec nous: en effet, il n'y a qu'un seul orifice de l'artère veineuse au ventricule gauche; cependant cet orifice ne reste pas longtemps unique ; au contraire, daus la cavité de l'oreillette, il se divise immédiatement en quatre branches qui arrivent une à une à chaque lobe du poumon.
La poitrine étant ouverte, les deux ventricules du cœur battent ; cependant tous les deux ne contiennent pas, dans la même mesure, du sang et du pneuma : en effet dans le ventricule droit la substance sanguine prédomine dans une proportion assez forte et, dans le gauche, la substance aérienne. Le cœur étant comme un foyer et une source de la chaleur innée qui régit l'animal, à ce titre, chacune de ses parties a son importance, mais surtout celles dont la fonction consiste à entretenir la vie dans tout l'animal. Or ce sont les orifices des deux vaisseaux situés dans la cavité gauche (veniricule gauche), que les médecins ont l'habitude d'appeler cavilé pneumatique: en effet, au moyen de ces orifices ie cœur se continue, par le plus petit (orif. des veines pulmonaires) avec les artères du
poumon et par le plus grand (or. aortique) avec tous les artères de l'animal entier. Les orifices situés dans l’autre ventricule du cœur, dit sanguin, sont moins importants que les précédents ; cependant ils sont toujours plus importants que les autres parties puisque l'un apporte le sang au cœur (or. de la veine cave) tandis que l'autre le dérive du cœur au poumon. »
MAL CARDIAQUE NL
ETyMOLOGi£, SIGNIFICATION, SIÈGE DE LA MALADIE. KL Synonymie : Morbus cardiacus, passio cardiaca. Fe L Kepdurz09 Zuyrora, 2. 20001440.
Sous ces différents noms se cachait une maladie fort vague, dont le siège variait singulièrement suivant les auteurs et dont le complexus symptomatique comprenait des phénomènes appartenant à des affections irès diverses. Celse est le premier qui ait prononcé le
(1) Nous remercions vivement notre ami, M. de Tornery, des notés qu’il a bien voulu nous convauniquer en grand sombre sur le;mal
cardiaque.
A an
mot d'affection cardiaque, mais, comme l’a démontré Landsberg, (Janus, vol. IT), on ne saurait le regarder comme le créateur de cette entité morbide. Celse, en effet, était bien plus un compilateur qu'un médecin. L'art de guérir n'était chez lui qu'une des parties d'une encyclopédie dont les proportions semblent avoir été fort vastes. Il connaissait certainement la médecine, mais très vraisemblablement il ne l'exerçait pas : tout au plus la pratiqua-t-il sur ses amis et ses esclaves. Il est douteux qu'un pareil médecin ait inventé de toutes pièces une maladie nouvelle. D'ailleurs Celse, dans le passage où il décrit cette affection, n’a pas du tout l'air de réclamer un titre de priorité. Il en parle comme il a fait de bien d’autres questions, comme d’une chose connue, et ne consacre à la description que quelques lignes, tout le reste se rapportant au traitement. Il a même un mot bien caractéristique, « quod cardiacon a Græcis nominatur ». Cœælius Aurelianus nous apprend, en effet, qu'Erasistrate avait déjà écrit sur le mal cardiaque; or, Erasistrate, contemporain des Ptolémées, est bien antérieur à Celse.
Il semble aussi que cette maladie était de notion commune. En effet, dans le de Divinitate, |, cap. xxxvin, Cicéron dit textuellement : « Aristoteles quidem eos « etiam, qui valetudinis vitio furerent et melancholici « dicerentur, censebat habere aliquid in animis præsa- « giens atque divinum. Ego autem haud scio an nec « cardiacis hoc tribuendum sit, nec phreneticis ; animi « enim integri, non vitiosi corporis est divinatio. »
Malheureusement déjà dans Celse, l'affection car-
ae 17 —
diaque a une symptomatologie très vague, l’auteur note surtout les sueurs profuses, le refroidissement des extrémités et la faiblesse générale. Il ne cite d’ailleurs aucune autorité à l'appui de sa description, comme il le fait cependant pour d'autres affections, mais on dirait qu'il juge la choseinutile, le sujet étant trop connu.
Ce qui augmente encore la confusion, c'est que le mot grec cardia pouvait désigner aussi bien le cœur que l'orifice de l'estomac et c'est par cor que les latins traduisent habituellement ce terme. (T'usc., I 9). Cependant dans Hippocrate l'expression mal cardiaque ne saurait viser le cœur puisque le père de la médecine n'admettait pas que celui-ci püt être malade. Thucydide décrivant la peste d'Athènes (Guerre du Pélopo- -nèse, II, 49. 3) emploie aussi le mot reps dans le sens d'estomac.
Celse semble en faire comme Hippocrate une affection de l'estomac : « quod stomacho languente immodico sudore digeritur », et plus loin : « quod si stomachus parum continet ». Mais dans Celse, le mot stomachus désigne le plus souvent l'œsophage, pour
. l'estomac il se sert du mot ventriculus. Voici en effet ce qu'il écrit : « stomachus vero, qui intestinorum principium est, nervosus a septima spinæ vertebra incipit ac circa præcordia cum ventriculo committitur. » {lib. IV, cap. 1). Et plus loin : « faucibus subest stomachus » (id., cap. 5).
D'ailleurs, la discussion étymologique qu'on retrouve dans Cœlius Aurelianus, montre combien était con-
Quantin. ; 3
— [10 — fuse l’origine de cette dénomination de mal cardiaque. La définition de cet auteur n’est pas des plus claires, il attr.bue à la maladie deux caractères principaux : un commun, son siège dacs l'estomac, et un propre,
la faiblesse du pouls et les sueurs : « Cardiacam
passionem duplici significatione communi et propria. Sed communem dicunt eam, quæ substantiam in stomacho atque ore... Propriam autem dicunt banc, quæ cum sudore fuerit atque puisu imbecillo. de qua nunc dicere inscipimus. Nomen autem hæc sumpsit passio, ut quidem volunt, a parte corporis quæ patitur. »
Asclépiade plaça le siège du mal dans lecœur, mais les méthodistes abandonnèrent ses idées. Le plus connu d’entre eux, Soranus, localise le mal dans l’estomac ; il s'agit pour lui d'une dilatation des pores, se produisant plutôt chez les hommes, et surtout chez les vielilards. Il se relusa, d’ailleurs, à en donner une définition : « deliaitionem eaim Soranus dicere declinavit » (Cœlius).
Arêtée décrit l2 mal cardiaque sous un nouveau DOM, svyxr, Ct le place franchement dans le cœur. Il raille ceux qui lui donnent pour siège l'estomac. À ce uire, dit«i, on pourrait dire que la phrénésie, par cela même qu'elle atteint la tête, est une maladie des cheveux, car, en effet, ceux-ci tombent dans cette affection.
Galien est d’un avis tout contraire, il localise nettement le mal à l’orifice de l'estomac. Mais il faut savoir que pour le médecin de Pergame les affections de cet orifice relentissent sympathiquement sur le cerveau,
lecœur, le poumon, le foie et même la rate. | donne comme signes principaux la perte des forces et des sueurs très abondantes. Il ajoute que certains méde- Cins pensent que le cœur est réellement atteint, et qu'ils désignent la maladie sous le nom de syncope xapduroy rubnux OÙ ouyzorn ; C'est, comme on le voit, la dénomination employée par Arétée. Ce mot ne se retrouve pas dans les hippocratiques qui se servent toujours de urobvmux.
Chose remarquable, comme nous le verrons plus tard, Galien connaissait l'existence des affections car- “diaques, car ïl les décrit assez clairement dans son traité sur les lieux affectés. Dans un autre ouvrage, (auoeyoyn n wxpoc), il dit nettement que le mot 00 désigne l'estomac et non le cœur.
Alexandre de Tralles parle du mal cardiaque. mais en passant, comme s'il ny attachait plus beaucoup d'importance. Il en fait sans détours une affection de l'estomac XL A 200040 duufeois tou crouxyou rulos eott; il l’attribue à l’action de sucs corrosifs et croit qu'elle entraine souvent la moït.
Aëtius dit qu'à cause du voisinage du cœur, cet . organe est pris par, sympathie dans le mai cardiaque qui est une affection de l'estomac (Tetrabibles II, 5).
On ne trouve rien dans Oribase, cette partie de ses ouvrages a été perdue. Paul d'Egine ne se donne pas la peine de signaler le mot mal cardiaque, 1l décrit la maladie comme une affection du cœur et lui donne, comme Arétée, le nom de ouyrorr. C'est, suivant lui,' une affection caractérisée essentiellement par la déper-