‹ Essai sur les Modifications physico-chimiques dans la genèse des granululations éosinophiles des leucocytesChapitre 10 sur 20 · INFLUENCE DE LA RATE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA RATE

Nous avons déjà vu et c’est là un phénomène connu depuis longtemps que l’éosinophilie est souvent considérée comme un signe de bonne santé et qu’elle annonce la convalescence des maladies fébriles. Nous venous de voir également qu’elle semble protéger contre l’action des substances nuisibles, notamment dans le choc anaphylactique. Or... l’étude comparative de la réaction à polynucléaires acidophiles et de l’établissement des processus d’immunité démontre que les courbes qui traduisent ces deux phénoniens se superposent remarquablement.

deux cas envers l’antigène employé. On sait que la vaccination ne protège qu’envers l’espèce bactérienne employée pour la produire. C’est en quelque sorte l’auto-vaccin. Or si l’on sensibilise le péritoine d’un cobaye par du liquide d’ascaris, seul ce même produit fera apparaître l’éosinophilie, un autre extrait vermineux ne donnera rien lors de linjection déchaïi-

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nante et pourtant l’éosinophilie est un symptôme commun à, toutes les parasitoses. Il y a donc une sensibilisation spécifique.

Pendant toute la durée de la période d’immunisation, il y a réaction à cellules acidophiles. Un chien subit des injections, de lait, de produits bactériens, ou de vaccin; on étudie chaque jour le pouvoir immunisant de son sérum. On peut en inscrire mathématiquement le degré. On fera de même pour le nombre des cellules à granulations réfringentes du sang. Les deux courbes monteront en même temps et descendront de même. Si l’on opère sur un chien splénectomisé on observe alors qu’il y a retard à la genèse des agglutinines du sérum. Mais les deux courbes immunisines et celles des acidophiles s'inscrivent dans le même temps comme précedemment, (Hajos) : Sur le chien également, soumis au même traitement mais ayant reçu une piqûre d’atropine, l’injection protéique ne donnera rien.

Toujours il faudra attendre plusieurs heures pour obtenir les phénomènes décrits. L’auteur conclut que Pabsence d’éosinophiles équivaut à une anergie organique de pronostic fâcheux lors de tout processus d’immunisations.

Enfin dernière coïncidence entre les phénomènes vaccinaux et l’éosinophilie. Nous avons vu que les injections répétées de protéines doivent, pour déterminer à chaque fois une poussée de cellules dans le sang, être espacées d’une durée notable, or nous retrouvons les mêmes conditions dans la vaccination.

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C’est une donnée bien connue, qu’il ne faut pas répéter les injections bactériennes immunisantes à des intervals trop rapprochés sous peine de voir baisser Jindex opsonique du sérum, que l’on veut faire monter au contraire.

Le rôle Joué par la rate est encore jusqu’à présent bien obscur. Nous ne pouvons maintenant retenir que peu de données certaines sur son influence.

1° La dératisation entraîne pendant quelques jours une poussée éosinophilique. Si nous rapprochons le rôle antitoxique de la rate, de la fonction neutrali- ‘sante observée chez les animaux anaphylactisés, par les cellules à granulations réfringentes, nous sommes -en droit de penser qu’il y a après la splénectomie une réaction sanguine compensatrice.

2° Sur les chiens dont on a enlevé la rate depuis un certain temps les fonctions de suppléance se sont établies, des rates secondaires sont utilisées par l’organisme et les processus d’immunisation ainsi que les réactions éosinophiliques seront inchangées.

3° Pendant la digestion, la splénomégalie traduit l’activité de l’organe. Il se trouve dans la circulation, placé comme un filtre entre l’intestin, les produits de la digestion, et l’organisme entier. Il joue un rôle de lipopexie. Il est intéressant de noter que dans le sang il y a également une éosinophilie post-prandiale, Là encore il y a communauté d’action, semble-t-il.

Qui sait si la présence dans le sang de cellules à granulations réfringentes n’aurait pas pour but de

parfaire un filtrage insuffisant de la rate ? les cellules se répendant dans le torrent circulatoire pour aller fixer des albumines toxiques qui s’y trouvent ?

Peut-être enfin est-ce là l’origine de la soi-disante diathèse éosinophilique, qui se ramènerait à une diathèse d'insuffisance splénique. Celle-ci comporterait tous les degrés, depuis les légères déficiences surtout digestives, avec poussées éosinophiliques temporaires, jusqu'aux états permanents de la grande éosinophilie sanguine de Chalier et Levrat avec splénomégalie. Il ne peut s’agir bien entendu que d’une hypothèse que des travaux ultérieurs infirmeront ou con-

firmeront,

ETUDE CHIMIQUE DE LA GRANULATION EOSINOPHILE

La cellule éosinophile du sang est avant tout un polynucléaire, elle exerce les mêmes fonctions. Nous ne devons pas oublier qu’elle fait partie de cette organisation générale : le système reticulo-endothélial d’Aschoff dont la rate est un des principaux centres. Il est donc possible d'attribuer à la cellule mobile un rôle semblable à celui du tissu tout entier. La rate a une fonction lipopexique. L’étude chimique de la cellule éosinophile nous fournit un argument en faveur d’une fonction analogue. Il y a une fixation de corps gras dans le protoplasme de ces polynucléaires, et ce sont ces inclusions mêmes qui forment la granulation éosinophile.

Leur composition chimique a été étudiée à partir de la sérosité des bulles de la maladie de Dühring (Neuman) sur des frottis d'asthme, en même temps que les cristaux de Charcot (Romieu.) enfin sur les granulations plus volumineuses du cheval (Pietry et Prenant) Ces recherches ont mis en évidence la pré-

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sence des éléments constitutifs des substances albuminoïdes : le C., l’'H, l'O. V'N. en petite quantité du S. et de VI. du Ca. Le Fer est en proportion infinitésimale, ce qui détruit l’origine admise autrefois à partir de l’hémoglobine. Par contre les réactions du P. sont très nettes. Prenant conclut à la présence Pun nucléo-protéide riche en P. Les études les plus récentes ont réussi a déterminer une complexion chimique de nature lipoïdique, sur laquelle tous les auieurs sont maintenant d'accord. Il s’agit donc d’un lipo-protéide présentant des caractères de solubilité spéciaux. Il est insoluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme; on ne peut le dissoudre que dans l’alcool absolu légérement acidifié. L’eau les gonfle sans les dissoudre. Par leur nature les granulations éosinophiles se rapprochent de la cholestérine et quoique l’on ne puisse identifier les deux corps, (les hypercholes térinémiques ne sont pas des éosinophiliques), ils semblent avoir dans l’organisme un même rôle protecteur. C’est surtout à leur nature Hipoïdique qu’ils le doivent.

Nous avons dit au début de ce chapitre qu’il y avait fixation de corps gras au niveau du protoplasma cellulaire. En réalité le rôle exacte de la cellule éosinophile n’est pas à proprement parler une lipopexie. Il y a simplement apparition de granules graisseux; c'est ce phénomène qui transforme à notre avis le polynucléaire neutrophile en polynucléaire éosinophile. Nous allons étudier à propos de l’origine de ces cellules les raisons qui nous ont fait adopter cette Gpinion.

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