DEUXIÈME DISSERTATION
LE MILLARES
1 . Le terme de millarès, par lequel certains textes du Xlir siècle (1 ) désignent une monnaie de cette époque, « moneta que vocatur millarès » (2), était la forme vulgaire du terme millarensis qui apparaît fréquemment soit dans les traités internationaux, soit dans les chartes de monnayage, soit dans les contrats de commerce du même siècle.
2. Le terme de millarensis est une corruption de miliarensis, nom qui paraît avoir été donné pour la première fois à une monnaie d'argent fin créée par Constantin le Grand (3). Cette monnaie, d'abord taillée à 72 à la livre, comme le sou d'or, valut alors le U"' de ce sou, c'est à dire le millième environ de la livre d'or : ce fut vraiment un miliarensis (4).
(1) Notamment la coutume maritime vulgairement appelée Le Consulat de la mer, chap. XLIII. Cf. Pardessus, Coll. des Lois maritimes, etc. y in-4°, 1831, t. II, p. 87.
(2) Germain. De la monnaie mahométane attribuée à unévêque de Maguelonne. Montpellier, 1854, in-4°, p. 20, 1. 3, et p. 25, 1. 27.
(3) Ci. Th. Mommsen. Histoire de la monnaie romaine, trad. par le duc de Blacas, éd. de Witte. Paris, 1873, 1" vol., p. 76 et suiv.
(4) Id.. 1. c, p. 81.
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Sous Héraclius, en 615, le miliarensis (en grec ^/Aiapija/o»), fut taillé à 96 à la livre et valut le '12°° du sou d'or (1) : le nom de la monnaie cessa donc d'avoir un sens étymologique.
Plus tard, le fciXtxf^o-tov ne valut plus que le lO™» du sou d'or, d'après Suidas (2} ; mais l'assertion de ce compilateur a été mise en doute (3), et il serait intéressant de savoir ce qu'elle vaut.
3. Au Xir siècle, cette monnaie byzantine courait encore non seulement en Orient, mais en plusieurs des pays occidentaux autrefois soumis à la domination de Constantinople (4), et, quoi qu'il en soit de son rapport au sou d'or, elle en était la division directe, immédiate.