‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 21 sur 183 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LA VALEUR INTRINSEQUE.

Lu valeur intrinsèque est le corollaire logique des notions (le poids et de titre. Je traiterai donc : 1° du poids ; ^^ du titre ; 3« de la valeur intrinsèque des monnaies provençales de Charles le.

19s8 gtoid»^ (IcH snoiiBtaiei^ iiro^ciiçalc^ «le CSaarEeH Ici.

§ I. — DU TOURNOIS PROVENÇAl,.

1. Le poids du tournois provençal [P^, 4'=, 5''. 0^ et S'' émissions), est indiqué en termes précis dans la concession de monnayage accordée le 2C juin 1262 par Charles I'^'" à Jacques Ferrement et Jean de Pontlovoi, directeurs de l'atelier de Saint- Remy.

Ce poids est de la 2i0c partie du marc de Montpellier.

« Vidclicct de xx solidis ponderis ad marcham Montispes- « sulani (1). »

En conséquence, il aurait dû équivaloii- à 239 grammes 11918 cent millièmes, (poids du marc de Montpellier) divisé par 240, ou soit à 0 gr. 90G32.

(t) Piùc'cs juslilkalivcs. n» IV, 1.

DE CHARLES I^'' Gl

Mais par la mémo concession le Comte accordait aux directeurs de sa Monnaie une bonification de 2 deniers sur chaque triple marc; c'est-à-dire, chaque lot de 720 deniers pouvait, sans être retenu à l'émission comme trop faible de poids, peser strictement 715 grammes 3704 dixmilligrammes au lieu de 717 gr. 3575, équivalent du poids de trois marcs de Montpellier.

« Non debent teneri très marche pro duobus denariis ad « deliberandum (2). »

Au lieu de 720 deniers il en fallait, grâce à la bonification d'accord, 722 pour équilibrer trois marcs montpelliérains.

Des lors, le denier net pesait seulement en moyenne 0 gramme 99357 au lieu de 0 99632.

La différence au profit des directeurs était donc, par denier, (le 0 gramme 00275.

Ils économisaient de cette façon et par l'effet de cette bonifica tion :

2 grammes 75 de matière monnayable sur 1000 deniers. 33 — 00 sur 12000 deniers ou 1000 sous. GGO — 00 sur 20000 sous ou 1000 livres.

3300 — 00 sur les 5000 livres de tournois provençaux fabriqués pendant la durée de la concession.

2. Le poids moyen du tournois provençal était, ai-je dit, par suite de la bonification indiquée ci-dessus, de 0 99357 ; mais ce poids moyen ne devait, ne pouvait être le poids réel et effectif de chaque tournois provençal mis en circulation.

L'on comprend, en effet, surtout en considérant l'imperfection des moyens de fabrication monétaire au xiiF siècle, l'impossibilité pratique de tailler des deniers d'un poids rigoureusement uniforme.

Le poids effectif devait certainement s'écarter du poids

(I) Ibid.

moyen théorique, mais la concession de 1262 ne fixe pas les chiffres extrêmes de ces écarts.

En raisonnant par analogie et déduisant des prescriptions du contrat de 1272 les limites d'usage de ces oscillations inévitables, le faiblage de poids autorisé ne devait pas dépasser 10 à 12 */o et il devait en être de même du forçage

La moyenne de 11 o/° de variation, soit en plus, soit en moins, une fois adoptée, ou arrive naturellement à admettre à côté du poids moyen théorique d'un tournois provençal fixé à 0 99357, un poids réel et effectif variant de 0 88429 à 1 1028, limites extrêmes des faïblage et forçage autorisés.

Il n'y avait dans cette tolérance de compensation aucun profit pour les monnayeurs, car le forçage devait compléter le faiblage et chaque lot de 722 deniers devait toujours avoir le poids de trois marcs de Montpellier au minimum ; c'est-à-dire équivaloir à 717 grammes 3574.

De plus, il ne devait pas y avoir une trop grande quantité de deniers trop faibles et de deniers trop forts, et la charte de 1272, comme on le verra plus loin, fixe au 5 o/" seulement de la somme monnayée le quantum des deniers pouvant jouir de tout l'écart de la tolérance de compensation.

Cette règle était-elle en vigueur pratique en 1262?

Aucun texte ne l'affirme ou ne l'infirme, et le contrat de 1272 rend l'assertion probable.

En tous cas et très certainement, les oscillations des tailles et poids effectifs, lors do la fabrication des deniers tournois provençaux de 1262, se sont étendues de plusieurs millièmes en deçà et au delà du poids moyen de ces deniers. Il ne pouvait pas ne pas en être ainsi, et tailler menu du billon (1) à

(1) On faillail plus lentement et avec plus de soin les espèces d'argent. Mais la rapidité dans la taille des deniers était commandée par la mince valeur du billon.

40 'Vo près du poids indiqué, était le dernier mot de l'industrie en enfance et des outils imparfaits de ces temps-là.

Du reste, on possède en collection suffisamment de tournois provençaux pour pouvoir constater, en les faisant passer au trébucliet, des différences de plusiem^s centigrammes, entre les poids des uns et des autres. — Et certes, constatées par les pesées d'exemplaires h fleur de coin, ces variations seraient inexplicables si elles n'avaient pour cause la tolérance de cow?23ensation.

Poids des exemplaires bien conservés du Cabinet des médailles de Marseille et de ma collection.

n" 1 , 1 gramme 1 00 milligr.

no 2, 1 — 090 —

no 3, 0 — 998 —

n» 5, 0 gramme 900 milligr.

n" 6, 0 — 865 — no 7^ 0 — 860 —

§ II. — DES GROS ET MENU MARSEILLAIS. — DU FORCALQUÉROIS. — DE LA MONNAIE FRAPPÉE A NICE.

1. Aucun texte n'indiquant la taille de ces diverses monnaies, je dois me borner à donner les résultats des pesées eilèctives des exemplaires de ma collection et du Cabinet des médailles de la ville de Marseille.

Poids des gros marseillais.

n<>l. — l,67ln"3. —1,61 no 2. —1,65^0 4. — 1,58

no 5. — 1,52in"7. — 1,45 no 6. —1, 5ll

Poids des menus marseillais (marseillais neufs).

no 1. 0,855.|no 3. — 0,797. Ino 5. — 0,706.|no 7. -0,650 n» 2. — 0,824.|no 4. — 0,750.ln'^ 6. —0,663.1

Poids des forcalquérois (ou Guillelmins de Charles 1er) (i). 11° 1.-0,755 no2.— 0,642.

2. Aucun texte dans les archives sur la monnaie frappée à Nice ; aucune pièce dans les collections.

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