‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 44 sur 183 · LE CHANCE · texte numérisé non relu

LE CHANCE

L'évaluation d'une monnaie exprimée en une autre monnaie se nomme change. Le même nom est donné à toute opération d'achat ou de vente monétaire faite en suite de l'évaluation.

L'achat et la vente des espèces monnayées a lieu d'habitude par roffico d'un banquier ou changeur (1) ; en ce cas, la monnaie vendue ou achetée perd au change le bénéfice du changeur. Cette perte au change est rarement fixée par l'autorité (2) et elle varie, comme pour toute marchandise, selon les besoins de l'offre et de la demande, et les moyens d'acquérir la monnaie demandée, d'écouler la monnaie offerte,

(i) Les termes de banquier et de changeur étaient autrefois synonymes et empruntés, l'un à la profession, l'autre au comptoir où on l'exerçait. Ce comptoir était un banc en plein air comme en ont encore certaines classes de trafiquants sur les marchés communaux et les places publiques. Pour avoir un banc de changeur, à Marseille, au XlIIe siècle, il fallait fournir un cautionnement de 300 marcs d'argent et payer une redevance annuelle de 30 s.

i2) Alphonse de Poitiers la fixa pourtant, par ses lettres du 29 mai 1267, à i o/o ("Rev. num. 1808, p. 38.>), et Charles IV, en 1322, à 2/5 o/o. fOrd. h 772.)

Le change peut s'opérer sur des monnaies du pays où a lieu l'opération commerciale ou simplement l'évaluation ; sur des monnaies étrangères données ou reçues en échange de monnaies du pays et enfin sur des monnaies étrangères échangées entre elles.

La perte au change n'a pas de raison d'être dans l'évaluation, hors des cas d'achat ou de vente, et l'exactitude du change a ordinairement pour mesure le désintéressement de l'appréciation.

Dans ce chapitre-ci, je traiterai du change des monnaies provençales entre elles.

Dans le chapitre suivant, je m'occuperai du change des espèces provençales en espèces étrangères et réciproquement, et de l'évaluation des monnaies étrangères échangées entre elles.

Les monnaies provençales étudiées ci-après, au point de vue de leur valeur de change, sont dans l'ordre chronologique : 1° le royal à la mitre, 2o le royal coronat, 3° le guillelniin, 40 le gros marseillais, 5" le tournois provençal, 6" le génois de Nice. Une dissertation sur une variété guillelmiine au nom de Bertrand et une note sur l'obole d'or de Provence complètent le chapitre. L'étude sur les millarès est renvoyée à la fin du livre.

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