‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 48 sur 183 · IV. — DU ROYAL CORONAT ES GROS TOURNOIS PROVENÇAL · texte numérisé non relu

IV. — DU ROYAL CORONAT ES GROS TOURNOIS PROVENÇAL

J'ai établi, d'après les textes, le change du royal coronat en tournois provençal à 1 obole 1 pite et — - de pite de cette dernière monnaie.

Le gros tournois de Provence valait 12 d. tournois provençaux, selon la relation du sou au denier.

Il valait, en conséquence, au change, 14 d. de royaux coronats, moins une très petite fraction de -— - environ de denier.

Lors de la publication des premiers chapitres de cet Essai, je croyais le gros tournois provençal postérieur à saint Louis, en me fondant sur la sévérité du roi français en matière de contrefaçon monétaire et la rigueur de ses mesures répressives.

(1) IbiJ.. B. 1501.

(2) Ci-dessus, p. 6,

Je me trompais. Le gros tournois de Provence fut frappé entre les années 12C6 et 1268. En effet, la première date ressort de la légende royale de la pièce, et la seconde d'un document du 12 mars 1268.

Ce document, contenant diverses instructions d'Alphonse de Poitiers au sujet de ses monnaies venaissines et de leur mise en cours, atteste implicitement l'existence du gros de Charles 1er, car Alphonse y ordonne à son sénéchal de faire fabriquer, pour la circulation avignonnaise, des monnaies semblables à celles de son frère, le gros d'argent excepté.

Avignon appartenait par. moitié indivise au comte et au marquis de Provence, et leur offrait, en conséquence, un marché commun d'où ils avaient grand intérêt à exclure toute monnaie étrangère, à la condition de l'alimenter avec leurs propres monnaies.

Les instructions d'Alphonse m'ont paru assez importantes pour être imprimées in extenso :

« Senescallo Venaissini pro domino comité super moneta.

« Alfonsus, filius régis Francie, comes Pictavie et Tholose, « dilecto et fideli suo senescallo Venaissini, salutem et dilec- «; tionem.

« Cum, sicul nobis extitit intimatum ex parte karissimi fra- « tris nostri illustris régis Sicilie, in civitate Avenionensi, que « sibi de nobis communis esse dinoscitur, preconizatum fuerit « ne moneta aliqua, nisi sua duntaxat et nostra, recipiatur « ibidem, et nos ad presens in Yenaissino nullam raonetam « habeamus, vobis mandamus quatenus cum hiis, qui monetam « nostram dicti fratris noctri cudunt vel fabricant, diligentem « tractatum habeatis, seu aliis personis ydoneis, sub illis (( conditionibus sub quibus monetarii dicti fratris nostri mo- «; netam suarn fabricant, vel aliis melioribus quibus poteritis, « monetam nostram in Venaissino cudendam tradatis, qua « recepta ad cudendum et cussa in congrua quantitate, in ci-

« vitate Avenionensi proclamari faciatis ne quis monetam « iilliis recipiat nisi nostram tantummodo et dicti fratris nos- « tri ; et hec sine mora effectui mancipetis, quia periculum « est in mora, et quid inde feceritis, nobis qiiam citius pote- « ritis commode rescribatis. Datum apiid Hospitale prope Cor- « bolium,sabbato post Brandones,anno Domini MoCC<»LXoVIIo.

« Et fiât moneta nostra de lege et iiondere monete pre- « dicli fratris nostri régis Sy cilié, excepta moneta argentea. «. quam fabricare nolumus quoad presens. Datum ut prius.

« Super premissis cum Raimundo Malsane consilium ha- « beatis. » (1)

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