S ESSAI SUR LES MONNAIES
des guillelmins établit la similitude de valeur de change de ces espèces et des royaux (à la mitre).
Cet acte est de 1182.
En cette année-là, le comte Guillaume IV prêta à Raibaud d'Agout 5,000 s. et les kn compta en melgoriens, en royaux et en guillelmins. (1)
2. Le titre du guillelmin n'est pas indiqué par cet acte, mais il l'est dans des chartes du même siècle. Il était de 4 deniers Qu -j^^ de fm.
En 1195, le comte de Forcalquier prêta à Pierre de Lambesc 7,000 s. de guillelmins au titre de 4 deniers de fm, et l'emprunteur s'engagea, en cas d'abaissement ou d'amélioration de loi, à rembourser au comte un marc d'argent fm pour chaque somme de 60 s. : « Hoc autem pretermittendum non « est quod, si moneta, que est modo iiii denariorum, meliora- « retur vel deterioraretur, debeo reddere argent! marcam pro « Lx s. » (2)
En 1199, le guillelmin était également à -4 d., comme en témoigne la vente du château de Saint-Michel faite à cette date, au prix de 4^00 s. de guillelmins, au comte de Forcalquier par Sanche, fille de Bertrand. (3)
Tel devait en être le titre en 1190, le marc d'argent fin ayant été, comme en 1195, payé par 60 s. de guillelmins. (4)
De ces citations ressort évidemment, pour les guillelmins de Guillaume IV, la loi réglementaire de 4 deniers.
3. Le guillelmin fut créé par Guillaume IV pour remplacer le viennois, monnaie alors usuelle de la haute Provence.
(1) Archives des Bouches-du-Rhftnc. B. 291 (î) Ibidem. B. 297.
(3) Ibidem. B. 298.
(4) Ibidem, B. 293.
Guillaume V de Sabran en poursuivit la fabrication dans le même but, et Charles le n'eut pas d'autres vues quand il fit fabriquer son forçai querois, imitation du guillelmin.
Le forcalquerois de Charles Icr fut frappé à Sisteron, comme auparavant celui de Guillaume IV et plus tard celui de Charles II. (1)
Le guillelmin de Guillaume V de Sabran fut fabriqué à Pertuis. Ce prince, mort vers 1250, n'abaissa pas le titre des guillelmins, car le marc de fia payé par 60 s. en 1190 et 1195, le fut par 58 s. en 1242, aux termes de la clause suivante d'une sentence arbitrale rendue le 27 juillet 1242, sur les différends existant entre Guillaume V et l'abbé Raimond de Montmajour, au sujet de Pertuis :
« Quod cornes det abbati raarcham unam argenti fini pro « singulis LViii s. guillelmensium, si moneta fieret vilior lege, « pondère sive cursu. » (2)
4. Entre les émissions de guillelmins de la fin du XII^ siècle et celles du milieu du siècle suivant n'y eut-il pas affaiblissement de la loi de ces espèces ? Il faut répondre affirmativement si l'on attribue quelque exactitude à l'évaluation du marc de fin en guillelmins contenue dans la vente faite le 16 décembre 1215, par Foulques de Pontevès aux Hospitaliers, de ses domaines de Manosque. En effet, le prix de ces domaines fut de 2,000 oboles d'or et 5,000 s. de guillelmins, d'une valeur de 80 le marc : a Et v. m. s. vilelmensium , « quorum marca valebat et faciebat lxxx s. prefate mo- « nete. )> (3)
(1) Ci-dessus, p. 0, note 2. Cf. Fauris Sainl Vincent dans Papon, Hi$toir de Provence, II, p. 557.
(2) Archives des Bouches-du-Rhône. Ms. Chantelou, t. i, p. 1093.
(3) Ibidem, 0. M., Manosque. dom. XVI, 1. 937.
Il y a loin de cette évaluation aux précédentes de 60 et 58 s. le marc.
5. Le forcalquerois de Charles l" est dessiné sous le n" 1 de la planche III du présent Essai. Voici la représentation du guillelmin de Guillaume IV et Guillaume V ; on voit, en les comparant, avec quel soin scrupuleux le comte de Provence a copié la monnaie des comtes de Forcalquier.
Fig. 8.