‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 66 sur 183 · ESSA.I SUR LES MONNAIES · texte numérisé non relu

ESSA.I SUR LES MONNAIES

dans l'église, sous l'autel, à coups de pied et de pierre, de pieu et de couteau, et l'on avait profané son cadavre. Les coupables, condamnés à l'exil, n'avaient pu être saisis, et le Comte faisait sans doute des préparatifs pour châtier la ville. Alors arrivèrent les députés gapençais avec mission de se soumettre. Ils promirent de ne rien négliger pour arrêter les coupables ; de faire construire, pour l'usage du Comte et où il lui plairait, une tour de 32 mètres de haut avec courtine, de ne plus se former en société secrète et de considérer comme nul tout engagement pris à cet effet, et enfin de payer une contribution de 40,000 s. de guiUelmins ou de raimondins. (1) Cet acte, d'une importance capitale, se termine donc par une clause étï'ange, car elle assimile le guillelmin au raimondin, établissant le change au pair entre ces deux monnaies.

L'assimilation du guillelmin et du raimondin prouve l'ignorance du Comte de Forcalquier sur la valeur intrinsèque du .raimondin, et cette ignorance s'explique par la nouveauté de cette dernière monnaie ; on n'avait pas eu le temps d'en déteruiiner l'alliage, car nous la trouvons mentionnée pour la première fois dans nos comptes provençaux en l'année où fut dressée à Gap la charte analysée ci-dessus.

Le guillelmin changea donc au pair le raiinondin, en 1184, da7is le comlé de Forcalquier, mais cette valeur de change n'avait pas de rapport avec les valeurs réelles de ces deux monnaies.

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