L'atelier monétaire fut établi à Tarascon
c( Guillelmus de Gonessa... dédit et concessit monetam... « fabricandam seu cudendam in Castro Tarasconi (1). »
3. Comme l'émission précédente, celle-ci eut lieu en provençaux coronats. Les termes du contrat en font foi. La monnaie neuve y est appelée : nioneta lyrovincialmm coronatormn (2). Les provençaux coronats étaient des deniers de billon, c'est-àdire au titre de plus de 2/3 de cuivre et de moins d'un 1/3 d'argent : « quatuor deaarii minus picta, ad argentuni Moniisc( pessulani (3). »
4. Il sortit de l'ateUer de Tarascon, en 1272-74, 62,000 livres ou soit 14,880,000 deniers provençaux coronats.
§ IX. — NEUVIÈME ÉMISSION. — 1275-76. — GROS ET DENIERS TOURNOIS. — ARGENT ET BILLON.
1 . Le gros tournois de Charles I^^^" est ù la légende de Roi de Sicile. Il est postérieur à 1265. La légende ne contient pas mention de Jérusalem. Le gros tournois est antérieur à 1277. H
^1) Pièces justificatives, ii" VII.l.
(2) Ibidem.
3) ll)i(lcm, 2.
nF. CIIARLF.S F'' Il
;i été frappé entre 1266, date de la conquête napolitaine, et 1277, année delà prise, par Charles 1"', du titre de roi de Jérusalem.
J'hésite à placer sous saint Louis le monnayage du gros tournois de Charles 1^^. Ce comte l'aurait-il imité du gros d'argent français fabriqué en 1265? Mais cette imitation eut été ime contrefaçon, et l'on connaît la sévérité de saint Louis à l'endroit des contrefacteurs, fussent-ils ses frères.
De plus, en 1266, le contrat de 1262 n'était point expiré et il assurait, on le sait, à ses concessionnaires, un monopole de fa- Juncation de deniers tournois provençaux. En 1267 a lieu un nouveau contrat. L'ordonnance du 5 août en est le complément, et dans aucune de ses dispositions on n'entrevoit l'obligation, pour les nouveaux monnayeurs, de fabriquer une monnaie d'argent. De même en est-il du bail très détaillé du 4 des ides d'août 1272. Ici encore il est question de deniers coronats et nul article ne fait allusion au gros tournois. Ce bail expirait le 25 décembre 1274.
Le gros tournois est donc, -à mon avis, postérieur à cette dernière date.
Mais rien ne s'oppose à son émission en 1275-76.
Charles I^r était alors roi de Sicile sans l'être nominalement de Jérusalem. Louis IX était mort, et les ordonnances de Philippe-le-Hardi, malgré leur ressemblance de vues et de rédaction avec celles du saint Roi, n'avaient pas, auprès de Charles I^i", le crédit et l'influence de ces dernières.
S'il n'était pas resté du gros tournois de Charles I'''" des exemplaires authentiques et d'une lecture indubitable, j'aurais ignoré l'existence de ces monnaies. Les documents se taisent ou font complètement défaut à ce sujet.
2. La neuvième émission n'eut pas lieu seulement en gros mais aussi en deniers tournois. La preuve de ce fait ressort évidemment de la similitude des légendes et du chàtel tournois
i2 ESSAI SUR LES MONNAIES
de ces deux monnaies. On les possède en collection, l'une e1 l'autre, à de rares exemplaires.
§ X. — DIXIÈME ET ONZIÈME ÉMISSIONS. — APRÈS 1277. — PROVENÇAUX TOURNOIS ET CORONATS. — BILLON.
1. Les documents relatifs à la numismatique provençale de Charles I^'" manquent après 1274. J'ai noté ce fait en traitant de la neuvième émission. On doit^ en conséquence, pour dater certaines pièces de collection étrangères aux émissions précédentes, chercher en dehors du texte les éléments de classement chronologique. En pareil cas, on trouve rarement une date exacte et précise, et il faut se contenter d'une approximation.
Dans les collections provençales existent deux deniers de Charles l"-^, l'un au type du châtel tournois, l'autre à la tête couronnée, tous deux à la légende de Roi de Jérusalem.
Ce sont là des variétés du provençal tournois et du provençal coronat. La légende les exclut de toute émission antérieure à 1277, et on doit^ d'après les indications de l'intitulé, en classer les émissions entre les années 4277 et la fin du règne de Charles Je.
2. Les types différents de ces pièces leur assignent les noms tout différents de provençaux tournois et coronats. Le provençal coronat postérieur à 1277 est-il sorti de l'atelier de Tarascon ? Je serais tenté de le croire. Le type du coronat paraît avoir été particulièrement adopté pour le monnayage de cet atelier? Des raisons analogues me poussent à attribuer le provençal tournois à Saint-Remy et aux successeurs de Jean de Pontlevoi, le citoyen de Tours et le premier directeur de l'établissement monétaire de cette ville.
3. Ces pièces sont de billon; leur aspect et au besoin loui' analyse le prouvent.
DE CHAULES l«r 13