‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 72 sur 183 · Le deuxième document est postérieur · texte numérisé non relu

Le deuxième document est postérieur

C'est une ordonnance du sénéchal Estendard, en date du 21 août 1267.

Charles d'Anjou, en arrivant au trône de Sicile, fît frapper en Provence des espèces au type couronné; on les nomma Coronats. L'ancienne monnaie, imitation tournoise, fut démonétisée. Comme cette dernière monnaie avait déjà dix-huit ans d'existence en 1267, date de l'émission des coronats, le comte eut non-seulement à déterminer le change des espèces démonétisées, en monnaie neuve, mais encore, comme on l'avait fait en 1253, pour les raimondins d'Arles, à régler la liquidation des anciennes dettes en tournois provençaux, arrérages compris.

Tel fut l'objet principal de l'ordonnance du ^sénéchal Estendard.

La compensation ayant été fixée, en 1267, à 1 1. de coronats pour 26 s. de tournois provençaux de dette récente ou de moins

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de 20 mois de date, elle le fut de plus, intérêts joints, à 1 1. de coronats en échange de :

25 s. de tournois provençaux pour les dettes remontant au 25 décembre i 264 ;

24 s. des mêmes espèces pour les dettes d'un an antérieures ;

Et 20 s. semblables pour les dettes plus anciennes.

J'ajoute à cette nomenclature l'annuité d'intérêts sousentendue dans l'évaluation de 20 s. de tournois provençaux en 1 livre de coronats, cai* cette évaluation s'applique à la fois et aux dettes récentes et à celles d'un an, et, dans ce dernier cas, doit se composer et du prix du change et de l'arrérage.

Le taux de l'intérêt fut donc établi, par l'ordonnance du sénéchal Estendard, à

i» 3,84 o/o pour l'année 1266.

2o 4 «/o pour 1265.

3o 4,16 «/o pour 1264.

4° 13,04 0/9 pour les années antérieures.

Ce dernier taux constraste avec les autres ; c'est un taux d'ensemble, en iiapport avec les précédents quant aux dettes de 1261, deux et trois fois trop élevé s'il s'agit de celles de 1262 et 1263, deux ou trois fois trop faible pour les années 1260 et 1259, et illusoire quant aux dettes plus anciennes.

Le dernier chiffre expliqué dans son écart et décomposé comme il doit l'être, les taxes de 1253 et de 1267 prouvent, en Charles Je'', la reconnaissance soit de la légitimité, soit de l'utilité du maintien de l'intérêt en Provence, contrairement à la doctrine et à la pratique françaises, mais, d'un autre côté, la volonté chez ce prince de le resserrer, à l'occasion, bien en deçà des taux inscrits dans le statut de Marseille et dans l'ordonnance de Raimond Bérenger V.

7. A l'appui de cette dernière assertion, je puis fournir, d'après le rationnaire provençal de 1264, un argument d'une importance réelle.

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